22 nov. 2010

344 – Qui suis-je ou qui fus-je?


Suis-je ou ai-je été archiviste, gestionnaire de documents (Records Manager) ou conseiller en gestion des documents?

Dans toute ma carrière, je considère n’avoir jamais été archiviste. À l’Université Laval, en 1975-1976, j’ai porté le titre d’archiviste, mais je n’étais pas archiviste. Je n’avais aucune responsabilité professionnelle par rapport aux archives historiques institutionnelles. J’agissais en tant que « spécialiste » (le mot est un peu fort puisque de débutais dans le métier) en gestion des documents responsable de la mise à jour et du déploiement du « Plan de classement uniforme » des documents administratifs dans les unités administratives, les départements et les facultés de l’institution.

En 1977, j’ai quitté l’Université Laval pour accepter un poste d’« analyste en procédés administratifs » au ministère québécois des Richesses naturelles en tant que responsable de la conception, développement et du déploiement du schéma de classification devant être mis en application dans les unités administratives de cet organisme public. Je faisais partie du Service de la gestion des documents qui avait, entre autres, la garde des « archives des mines » qui étaient des documents administratifs du secteur des mines, mais qui n’étaient pas vraiment des documents d’archives (dans le sens d’archives historiques). Je n’avais aucune responsabilité de gestion de ces documents et j’agissais à titre d’ « expert » (possédant à peine deux années d’expérience) en gestion documentaire. Je n’étais donc pas archiviste. Conseiller en gestion des documents? Probablement sans en avoir la dénomination. Gestionnaire de documents : c’est l’expression qui était utilisée à l’époque pour « Records Manager ». Sans le savoir, je l’étais sans en être véritablement conscient parce que je devais gérer les documents de mon poste de travail.

En 1979, j’ai été muté aux Archives nationales du Québec : l’autorité archivistique québécoise, comme on dit dans la norme ISO 15489. Responsable du développement des systèmes, particulièrement du système informatique SAPHIR d’inventaire des documents d’archives conservés dans les différents centres d’archives de l’institution. Je n’étais ni archiviste, ni gestionnaire des documents de l’organisation, ni conseiller en gestion des documents. Je m’immisçais dans le merveilleux (!) monde de l’informatique tout en gérant les documents de mon unité administrative. Un non-archiviste dans un sacro-saint lieu d’archivistes.

Par la suite, après avoir administré le programme de formation en gestion des documents administratifs et des archives de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) pendant quelques années (où je n’étais ni archiviste, ni gestionnaire de documents, ni conseiller en gestion documentaire), j’ai créé, avec deux associés, mon entreprise de consultation où, depuis 25 ans déjà, je n’y suis pas archiviste : cette dénomination n’apparaît pas sur ma carte professionnelle. Parce que je suis président et chef de la direction, la mention Conseil et de formateur en GID n’y apparaît pas bien que j’agisse occasionnellement en tant que tel. Depuis 1990, j’y conçois des solutions logicielles sans être un spécialiste des TI. J’édite des ouvrages techniques sans être éditeur. Par contre, je gère les documents et les dossiers de mon bureau. Il y a quelques années, j’ai même numérisé des documents pour un client sans être commis à la numérisation.

J’aurais donc dû être un archiviste. Je me serais peut-être posé moins de questions existentielles! Après 35 ans, il est trop tard…

4 commentaires:

Geneviève. a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Geneviève. a dit...

La profession se définit elle même par son exercice. Elle est plus un acquis qu'une formation. Et au fil des ans les dénominations varient et les pratiques évoluent. C'est avec les années de services qu'on se découvre parfois. On ne nait pas archiviste. On le devient.

Généviève.
Archiviste

Geneviève. a dit...

Oups. Une mauvaise touche et mon message a été supprimé.
Bon juste pour dire que cet article met en évidence l'essence de la profession. En effet, la profession se définit elle-même par son exercice. Elle est sans cesse évolutive de par ses pratiques et techniques. Longtemps considéré comme une discipline qui s'occupe des "dossiers classés" L'archivage intègre aujourd'hui des notions de gestion des documents courants ,de numérisation, de dematérialisation. il convient donc de s'adapter aux mutations tecnologiques. Ainsi, on ne nait pas archiviste, on le devient.

Généviève ATEBA
Archiviste

Anonyme a dit...

Drôle car moi je dois dire aux gens que je suis archiviste pour leur donner un aperçu de ce que je fais... même si je ne suis pas un archiviste au sens noble du terme.

RP D'Aoust
diplômé de l'UQAM en GDAA (Gestion des Documents Administratifs et des Archives) depuis 1990 et «archiviste» depuis toujours il me semble...