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27 janv. 2014

860 - Exigences professionnelles en gestion documentaire prises d’assaut par les TI au Québec ?

Le dernier billet de Natalie Bissonnette publié sur son blogue le 20 janvier dernier et intitulé Étudier en informatique ou en archivistique ? soulève deux questions fondamentales pour le futur immédiat du métier de spécialistes de la gestion des documents d’activité.

D’abord celle de l’inadéquation de plus en plus flagrante entre le curriculum des programmes québécois de formation universitaire et même technique en gestion des documents avec les besoins du marché. Et ce même si certains de ces programmes ont été partiellement réformés au cours des dernières années. Au point où la même auteure se demandait, en octobre 2013, À quoi sert la maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information ? Sentiments aussi partagés par certains autres collègues si on en juge par les commentaires accompagnant le billet de novembre 2013 de Daniel Ducharme portant sur La question de la formation des gestionnaires de documents et des archivistes au Québec. Situation face à laquelle j’ai été régulièrement critique, au cours des dernières années, dans quelques-uns de mes propres billets.

À la lecture de ces témoignages et à la suite de conversations avec des collègues de travail et même de clients, la formation professionnelle des futurs experts en gestion des documents d’activité en format papier et technologique accuserait-elle un retard de plusieurs années sur la réalité du terrain ?
 Et l’intelligentsia archivistique qui contrôle à la fois le milieu professionnel et académique n’aurait-elle pas laissé passer le train du changement entraîné par la locomotive des technologies, se confortant sur ses prérogatives personnelles ? La nature ayant horreur du vide, pendant tout ce temps, subrepticement, les spécialistes des TI n'auraient-ils pas occupé le terrain en faisant croire que parce qu’on doit maintenant gérer des fichiers informatiques et des courriels, un emballage systémique disproportionné était requis ? De sorte que seuls des hybrides technologues/spécialistes de la gestion documentaire auraient une chance de tirer leur épingle du jeu ? Comme si, dans un centre hospitalier, on devait exiger à un orthopédiste d’être aussi qualifié en gynécologie et néphrologie !

Quiconque connaît ce métier, sait très bien que les organisations n’ont pas besoin de tels hybrides, mais doivent plutôt constituer des équipes multidisciplinaires internes ou mixtes (internes/externes) composées de spécialistes professionnels et techniques en mesure de développer des outils techniques, d’optimiser les processus de gestion, d’appuyer la gestion du changement par la formation, l’accompagnement et le soutien des utilisateurs et d’assurer l’intégration et le pilotage des solutions technologiques.

À la lecture de ce billet publié sur Le bloque de Nyctale, il me semble qu’il y a urgence en la demeure et que les préoccupations de l’heure n’en sont pas à s’interroger à savoir si le principe du respect des fonds ou la théorie des trois âges (dont soit dit en passant a vu son cas réglé dans un des livres blancs découlant de la norme ISO 30301) sont encore au cœur de l’archivistique contemporaine. La réflexion et surtout l’action doivent prioritairement porter le développement professionnel  et sur le positionnement et la défense du métier au sein des organisations publiques et privées québécoises.

Ce qui m’amène à mettre en évidence l’autre question soulevée par Natalie. Quoique plus délicate, elle m’interpelle également compte tenu de mes expériences vécues au cours des 7 dernières années : les firmes de consultants « sont à la remorque des appels d’offres des ministères et que ces derniers exigent de plus en plus de critères inatteignables pour celles-ci ».

Il ne faut pas se le cacher : le milieu gouvernemental québécois constitue une opportunité pour la poursuite du développement de l’expertise en matière de gouvernance documentaire dans un contexte de gestion intégrée des documents en format papier et technologiques pour les quelques firmes québécoises de consultants spécialisés dans le domaine. Et pour les ressources professionnelles et techniques fraîchement diplômées qui constituent les équipes internes de plusieurs ministères et organismes, souvent réduites en nombre, quand ces brigades existent.

Ces exigences déclassent les petites firmes (25 employés et moins) spécialisées du métier au profit des majors généralistes. Je sais de quoi je parle, croyez-moi. Si vous en doutez, expliquez-moi comment une entreprise qui œuvre dans le domaine depuis près de 30 ans, qui a à son actif un personnel professionnel qualifié qui cumule des dizaines d’années de réalisations concrètes auprès de centaines d’organisations de toutes tailles tant pour la gestion des documents en format papier que technologiques n’a jamais pu se qualifier en autonome à partir d’un appel d’offres public depuis 2006 ? Et elle n’est pas la seule… Il faut aussi creuser cette question des « critères inatteignables » qui n’est pas sans lien avec la première partie de ce billet… et qui pourra faire l'objet d'un autre billet.

Michel Roberge

PS : Ce constat est-il trop alarmiste ? Exprimez-vous ! Ajoutez vos commentaires, qu'ils soient favorables ou non, même sous une forme anonyme : la formule le permet. Je publierai tout.

15 nov. 2013

Info Flash – Le coût de l’espace disque en 1980 par rapport à aujourd’hui.


Lu sur le site Web du journal britannique The Telegraph : un gigaoctet d'espace disque coûtait, en dollars constants de 2013, 200 000 dollars en 1980, par rapport à 8 cents aujourd'hui !

Michel Roberge

827 - Les solutions miracles en TI : une réponse à géométrie variable aux besoins des utilisateurs ?

Plus ça change, plus c'est pareil ! Prenez quelques minutes pour regarder cette vidéo.



Tous les utilisateurs de solutions technologiques le disent. L'outil, sa fonctionnalité et sa performance technologique l'emportent presque toujours sur son utilisation réelle, efficace et fonctionnelle.

Michel Roberge

17 sept. 2013

Hors série - La première souris était en bois

Le 2 juillet 2013, décédait Douglas Englebart à l’âge de 88 ans. Il était notamment connu comme le père de la souris. Il en fit la présentation publique le 9 décembre 1968 :



13 févr. 2013

682 – I have a dream


Oui je rêve de pouvoir prendre le temps afin de convaincre les spécialistes des TI que la gestion des documents d’activité (information portée par tout type de support) repose d’abord et avant tout sur des outils de gestion documentaires et des processus qui reposent sur les bonnes pratiques normées de notre métier.

Que ces processus sont appliqués par des êtres humains, les utilisateurs des documents, avec qui il faut investir le temps requis à un rythme mesure afin de leur transmettre le savoir et le savoir-faire, les accompagner dans leur apprentissage et les soutenir dans leurs activités individuelles, sectorielles et organisationnelles de gestion des informations qu’ils produisent, expédient ou reçoivent.

Que les solutions logicielles de GID qui doivent de permettre pour encore plusieurs années de gérer à la fois les dossiers en format papiers et les documents technologiques (fichiers bureautiques, courriels…) sont de puissants moyens mis à leur disposition pour automatiser l’utilisation des outils et dynamiser les processus.

Que l’environnement légal et réglementaire nous empêche d’improviser ou de nier les obligations qui en découlent.

 
Ce n’est qu’un rêve qui tourne parfois au cauchemar quand on essaie de me convaincre qu’il faut aborder la question à rebours.

Michel Roberge

30 janv. 2013

673 - La face cachée de l’immatérialité


« Un courrier électronique qui transporte vos données numériques [est-il] plus écologique qu’un courrier physique qui doit utiliser camion, train, avion [ ?]. Mais […] pour envoyer un e-mail, il […] faut un ordinateur, des réseaux de communication, des serveurs de stockage... et surtout, on en envoie beaucoup plus qu’on n’a jamais envoyé de courriers. » : 500 milliards par jour !

« L’utilisation d’un téléphone portable dix minutes par jour représente l’équivalent de 80 km en voiture sur une année, […]. Un chiffre en soi pas très élevé... sauf qu’il faut le multiplier par six milliards, soit le nombre de portables dans le monde ! »

C’est ce que rapporte Sophie Caillat dans un article publié sur le site rue89.com et intitulé Un e-mail, ça coûte très cher à la planète.

Ces affirmations sont tirées d’un ouvrage qui vient d’être publié par les éditions EDP Sciences : « Impacts écologiques des Technologies de l’Information et de la Communication ».

Michel Roberge

17 oct. 2012

623 – Les dix ans de la loi québécoise concernant le cadre juridique des TI

C’est en 2001 que le Québec s’est doté d’une Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information (L.R.Q., chapitre C-1.1). Elle  a pour objet d'assurer notamment la sécurité juridique des communications effectuées au moyen de documents, l'équivalence fonctionnelle des documents et la reconnaissance de leur valeur juridique, quels qu'en soient les supports, ainsi que l'interchangeabilité de ces derniers. Elle a établi d’ailleurs une nouvelle définition du document, qui a remplacé celle énoncée dans la Loi sur les archives. Elle vise également à assurer la concertation en vue d'harmoniser les systèmes et les normes techniques permettant la communication au moyen de documents technologiques.

À ces fins, la loi énonce d'abord que, sauf exigence contraire de la loi, un document peut être sur tout support. Puis, elle édicte que la fiabilité d'un document repose sur son intégrité et que celle-ci doit être maintenue au cours de tout son cycle de vie pour en préserver la valeur juridique. En conséquence, la loi reconnaît maintenant qu'un document a pleine valeur juridique, quel qu'en soit le support, et explicite les règles de preuve applicables et celles relatives au transfert de l'information, à la conservation, à la consultation et à la transmission du document ainsi que les principes de la responsabilité des différents intermédiaires offrant des services sur les réseaux de communication.

Cette loi reconnaît également la possibilité d'utiliser divers modes d'authentification de l'identité d'une personne qui communique au moyen d'un document technologique et, dans ce contexte, elle contient des mesures de protection de la vie privée. De plus, elle affirme la nécessité et prévoit des moyens de faire le lien entre une personne et le document par lequel elle exprime sa volonté. À cet égard, elle contient des dispositions pour baliser la prestation de services de certification et de répertoire et offre à tout prestataire de services de certification, qu'il soit du Québec ou d'ailleurs, de se faire accréditer par une personne ou un organisme déterminé par le gouvernement.

Cette loi prévoit de plus, afin de favoriser l'harmonisation des systèmes, des normes et des standards techniques mis en place, la constitution par le gouvernement d'un comité multidisciplinaire.


Elle a aussi remplacé l'ancienne Loi sur la preuve photographique des documents (L.R.Q., chapitre P-22 – 1964) abrogée en 1992 en ce qui a trait à la reconnaissance de la valeur juridique du transfert de support. Les articles 17 à 37 portent entre autres sur le maintien de l’intégrité des documents au cours de leur cycle de vie et présente les modalités de production de la documentation du processus de transfert de support pour la reconnaissance juridique des images numériques.

Michel Roberge

9 oct. 2012

Flash info – Espèces menacées en voie de disparition


Le journal Les Affaires a réalisé un sondage auprès de plusieurs centaines de membres du réseau social LinkedIn afin d’identifier les technologies en voie de disparition : l’enregistreuse, le télécopieur (fax), le rolodex, le téléphone de bureau, l’ordinateur de bureau et la clé USB sont du nombre.

Michel Roberge

3 oct. 2012

Flash info - Nouveau PDG au Centre de services partagés du Québec (CSPQ) et nouveau DPI au Secrétariat du Conseil du Trésor


Le Conseil des ministres du gouvernement du Québec a procédé aux nominations suivantes à sa séance du 3 octobre 2012 :

Centre de services partagés du Québec

M. Jean-Marie Lévesque est nommé, à compter du 9 octobre 2012, membre du conseil d’administration et président-directeur général du Centre de services partagés du Québec. Au moment de sa nomination, M. Lévesque était vice-président à la Direction générale du traitement et des technologies de l’Agence du revenu du Québec.

Secrétariat du Conseil du trésor

M. Jean-Marie Lévesque est également nommé, à compter du 9 octobre 2012, dirigeant principal de l’information au secrétariat du Conseil du trésor.

Michel Roberge

26 sept. 2012

612 – Réflexion d’un historien sur la numérisation des documents d’archives de conservation permanente

En faisant des recherches sur YouTube, au cours du week-end, j’ai repéré cette vidéo d’une entrevue de Roger Chartier. Cet historien français, rattaché au courant historiographique de l’école des Annales qui se spécialise l’histoire du livre, de l'édition et de la lecture répond à la question : « Selon vous, la numérisation est-elle un motif de déshumanisation de l'histoire, ou tout du moins une évolution vers de nouvelles pratiques de l'histoire, contribuant à distendre le lien entre le sujet et l'objet, à le rendre plus sporadique, moins sensitif? »

Une réflexion intéressante sur l’historicité des documents transformés en images numériques ou, à une autre époque, reproduits sur des microfilms.

Michel Roberge

3 sept. 2012

601 - Des clés USB et des disques durs évanouis dans la nature

Le 21 août 2012, sur le blogue du journal Le Monde, on apprend que les « plans de l'Elysée, du ministère de l'intérieur et de la préfecture de police de Paris » stockés sur des supports technologiques ont été volés à la gare de Lyon. Un entrepreneur « d'une des sociétés chargées d'installer des réseaux de fibre optique dans plusieurs bâtiments sensibles de Paris […] s'est fait dérober une sacoche contenant des clefs USB et des disques durs qu'il avait laissée dans sa voiture » pendant qu’il attendait à l’intérieur de la gare l’arrivée d’un proche.

Documents non cryptés et supports d’information probablement accessibles sans mots de passe. On peut imaginer le pire même si les autorités considèrent que « les documents (volés) ne relèvent pas de la catégorie des documents classifiés et les informations qu'ils contiennent ne mettent pas en péril la sécurité des sites concernés. » Et ce, bien qu’ils « représentent l'emplacement de toutes les pièces de ces trois bâtiments sensibles ».

Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une belle illustration de la nonchalance parfois généralisée dans le transport de documents technologiques, que leur contenu soit sensible ou non.

Michel Roberge

25 juill. 2012

590 – Une technologie qui rend l’âme après 30 ans

Le 30 juin 2012, trente ans après sa mise en service, France Télécom a définitivement débranché le réseau de communication Transpac X25 sur lequel  fonctionnait le Minitel dont la plupart des Français avaient été équipés gratuitement. La petite console qui aurait inspiré le vice-président américain Al Gore alors qu’il faisait la promotion, en 1990, du concept d’ « autoroutes de l’information ». Même Stelve Jobs avait son Minitel dont nombre d’unités avait atteint un sommet en 1994 (6,5 millions).

Voici comment, en 1982, était annoncé cet outil de communication électronique :


Michel Roberge

2 juill. 2012

579 – L’avenir des cédéroms… en 1993

Lu dans Harcèlement, roman de Michael Crichton (France Loisirs, 1994, page 23) dont la version originale a été publiée un an plus tôt :

« L'usine DigiCom de Malaisie n'existait que depuis un an et fabriquait les nouveaux lecteurs de DOC [cédéroms], des appareils assez semblables à des lecteurs de disques compacts audio, mais destinés aux ordinateurs. Dans le monde des affaires, il était généralement admis que toutes les informations seraient bientôt de caractère digital et que la plupart seraient emmagasinées sur ces disques compacts. Les programmes d'ordinateurs, les bases de données, les livres, les magazines, tout allait être bientôt enregistré sur disque.

Si ce n'était pas encore le cas, c'est que les DOC étaient notoirement lents. Les utilisateurs étaient obligés d'attendre face à des écrans vides, tandis que les lecteurs cliquetaient et ronronnaient. Mais les utilisateurs d'ordinateurs n'aiment pas attendre. Dans un domaine où la vitesse double tous les dix-huit mois, les DOC avaient infiniment moins progressé au cours des cinq dernières années.

La technologie de DigiCom s'était attaquée au problème, et sa nouvelle génération de lecteurs, baptisés Twinkle, était deux fois plus rapide que tous ses concurrents. Le Twinkle se présentait comme un lecteur unique, multimédia, pourvu de son propre écran. Il tenait dans la main, et on pouvait l'emporter dans le bus ou en train. Une révolution! »

Et ce texte a été écrit il y a 20 ans.

Michel Roberge 

29 juin 2012

578 - Les hiéroglyphes du 3ème millénaire sur un disque de saphir

Lu sur le site des Techniques de l’ingénieur :

« Un disque en saphir synthétique révolutionne la conservation des documents en offrant une durée de vie de 2 000 ans sans altération ni contrainte, les caractères de 10 microns pouvant être lus à l’aide de moyens optiques simples, indépendamment des technologies informatiques en constante évolution. »

Une technologie « basée sur les procédés de la microélectronique [qui] permet de graver des documents sur des plaques de 1,5 mm d'épaisseur. Grâce à un gravage microscopique, […] les images des documents [sont reproduites] avec des moyens à haute résolution pour assurer une qualité optimale des textes et des photos sur une surface réduite. Un simple microscope ou tout système optique grossissant suffit ensuite pour lire les documents gravés en caractères de 10 microns de hauteur, soit 2 ou 3 fois moins qu'un cheveu. »

Une solution qui offrirait « une durée de stockage estimé à plus de 2.000 années grâce à la robustesse inégalée des matériaux (saphir et métal réfractaire) et à la technologie utilisée (résistance aux facteurs biologiques, chimiques et physiques, à l'abrasion, au feu et aux inondations ainsi qu'aux rayonnements UV, électromagnétiques...). D’une capacité de stockage allant jusqu'à 39.000 pages au format A4 restituable en 75 dpi sur un disque de 20 cm de diamètre… »

Une nouvelle option pour la préservation pérenne des documents d’archives de conservation permanente? L’avenir nous le dira.

Michel Roberge

4 mai 2012

553 – Un lieu commun qui en arrache

Lu dans le numéro d’avril 2012 du magazine Direction informatique.com, page 23, sous la plume de Nelson Dumais, journaliste indépendant spécialisé en TIC depuis plus de 20 ans :

« Le poncif du ‘’bureau sans papier’’ tel que préconisé naguère par IBM s’est avéré une vue de l’esprit impossible à concrétiser, les humains étant ce qu’ils sont. En sera-t-il autrement pour cette nouvelle vision qu’est le ‘‘bureau sans CD/DVD’’ ? »

Michel Roberge

2 mai 2012

551 – Après le livre

Qu’adviendra-t-il du livre après le livre? Ou « Le livre a-t-il encore un avenir? » dixit Didier Fessou dans un billet publié dans le journal Le Soleil de Québec le 7 avril dernier. Après la lecture de l’essai de François Bon (Après le livre, Paris : Éditions du Seuil 2012) qui s’intéresse au phénomène des nouveaux supports, je trouve particulièrement intéressantes les éléments de réflexion du journaliste : le passage de la plume d’oie aux plumes de métal, de la machine à écrire à l’ordinateur qui, dans le fonds, « n’a rien changé à l’écriture » si ce n’est qu’on écrit « beaucoup mieux avec un ordinateur » et que les « corrections et les changements dans un texte sont si faciles » qu’on ne s’en prive pas.

Mais toute médaille a un revers. Avec les ordinateurs, « les écrivains n’abandonneront plus à la postérité leurs manuscrits griffonnés, raturés, annotés. Ils ne pourront pas faire comme Balzac qui les faisait relier et les offrait à ses muses. » Je vous laisse lire la suite du texte du journaliste à propos de cet ouvrage d’un « ingénieur diplômé des Arts et Métiers et spécialiste de la soudure par faisceau d'électrons », qui, « a tourné le dos à son métier » pour devenir collectionneur de livres et se consacrer depuis une trentaine d'années, exclusivement à la littérature. Un voyage au coeur de l'histoire du livre imprimé, de son ancêtre la tablette d'argile manuscrite jusqu'au iPad moderne.

Michel Roberge

26 avr. 2012

547 – Avant les nouvelles technologies…

Lu dans l'excellent polar L’Inaveu (Richard Ste-Marie, Éditions Alire, 2012) découvert au dernier Salon international du livre de Québec : la maquette de la couverture mettant en vedette deux documents.

Un inspecteur de la Sûreté du Québec, Francis Pagliaro, se laisse convaincre d’ouvrir une enquête à la suite de la découverte par un professeur de littérature du Cégep du Vieux-Montréal, Régis Duchesne. Celui-ci est obnubilé par la découverte de deux documents d’archives hérités de son père et qui ont des liens avec un certain nombre de crimes. Au cours d’une conversation, Duchesne déclare au policier :

« Papa collectionnait des ledgers. Avant les ordinateurs, les cartes perforées, les dactylos électriques, les machines à calculer et les nouvelles technologies, toutes les transactions d'une entreprise étaient inscrites à la main dans des grands-livres comme celui-ci. Les plus vieux sont les plus beaux et les plus étranges, car à l'époque on ne faisait pas la comptabilité comme aujourd'hui. Les systèmes comptables évoluent constamment. La calligraphie ancienne est émouvante, aussi. Enfin ... Vous comprenez... » (p. 86)

Michel Roberge

11 avr. 2012

540 – Documents technologiques, économie et société

Il y a toujours un revers à une médaille. C’est un cliché ou une vérité de Lapalisse. C’est aussi une réalité dans notre métier de spécialistes en gouvernance documentaire dans un contexte ou la gestion intégrée des documents (GID) tend de plus en plus vers un univers de plus en plus technologique. Les organisations visent l’élimination du papier comme moyen de stockage d’information. Avec une surenchère de l’utilisation des technologies de l’information locales et, depuis quelque temps, maintenant en nuages. Mégaserveurs et nouveaux outils de consultation des documents, dont les tablettes de lecture, sont maintenant monnaie courante.

Mais on oublie souvent qu’il y a un effet pervers à cette modernité : un impact socio-économique sur certaines sociétés humaines. À preuve, cette réflexion du chroniqueur littéraire du journal Le Soleil de Québec, Didier Fessou, dans un texte intitulé « Les arbres repoussent, eux » dont voici un extrait :

[…] « il se consomme de moins en moins de papier.

Bientôt, les travailleurs forestiers n'auront plus d'arbres à couper. Les papetiers n'auront plus de papier à fabriquer. Les imprimeurs n'auront plus de livres à imprimer. Les camionneurs n'auront plus de journaux à distribuer.

Au nom du progrès, des dizaines de milliers de Québécois seront au chômage.

Les grands gagnants: la Silicon Valley qui conçoit nos gadgets électroniques, l'industrie chinoise qui les fabrique, les flottes de navires sous pavillon de complaisance qui les transportent.

[…] Viendra un jour, peut-être, où l'on comprendra que le bon vieux papier était fait avec des arbres qui repoussent alors que tous les iPad de ce monde sont faits de pétrole et de minéraux rares. En plus d'épuiser des ressources non renouvelables et d'être obsolètes au bout de quelques mois, ils sont difficilement recyclables. »

On dit souvent qu’on n’arrête pas le progrès, mais à quel prix?

Michel Roberge

9 avr. 2012

539 - Le ridicule ne tue pas, mais il choque…

Vu et entendu dernièrement, presque mot pour mot, lors d’une visite dans un hôpital de Québec (département de l’orthopédie) qui, en passant, dans le cas de cet établissement, est devenu un CHA (centre hospitalier associé) et non pas un CHU (centre hospitalier associé) mais pas un CSSS (centre de santé et de services sociaux) :-)

Une dame âgée provenant d’un milieu très modeste et par surcroît nouvelle immigrante, accompagnée de son mari, se présente au poste d’accueil pour la prise d’un rendez-vous. Évidemment, elle s’exprime difficilement en français. La préposée s’exclame : « Mais Madame, ça prend vos radiographies! Où a-t-on pris vos radiographies? » Je n’entends pas la réponse de la dame. Et la préposée de rétorquer : « Allez chercher le CD et revenez : pas de CD, pas de rendez-vous! »

À part la façon un peu cavalière de s’adresser à cette cliente qui caractérise trop souvent les relations avec certaines personnes du réseau de la santé, j’avais le goût de réagir et de répliquer « Comment ça aller chercher le CD : on est en 2012, la télétransmission des images numériques c’est pour quand? ».

À l’époque où les radiographies se présentaient sous forme de films, il fallait évidemment transporter le support d’information. Mais à l’ère du numérique… J’ose espérer que les radiographie de la patiente avaient été prises dans un autre établissement parce que sinon, la situation est encore plus ridicule.

Michel Roberge

20 mars 2012

Hors série - À bas la francophonophobie dans les TI

En cette Journée internationale de la Francophonie, l’occasion est idéale pour tirer constat souvent désolant : les plus grands francophonophobes (je sais, il s’agit d’un néologisme) sont souvent des francophones.

Des exemples : dans le domaine des technologies de l’information, on se fait un honneur de truffer de mots ou d’expressions en anglais les conversations ou les communications écrites. Ou encore, l’affichage de l’occupation d’un poste dans une organisation 100 % francophone tel que « Chairman of the Board of Directors »! Est-ce moins valorisant de se déclarer « Président du Conseil d’administration » ? Et pourquoi, lorsque vient le moment de lancer un nouveau produit technologique faut-il toujours opter pour une dénomination anglophone? Il y a toujours moyen de choisir une appellation à consonance universelle. Les titres des spectacles du Cirque du Soleil en sont une preuve éloquente. Comme si le reste de la planète risque de demeurer insensible par rapport à un produit portant un nom anglais! Bien plus : que dire des francophones qui, dans les réseaux sociaux, recommandent chaudement des collègues, eux aussi francophones, dans la langue de Shakespeare?

Que penser de cette attitude particulièrement dans le contexte québécois où la langue de la majorité est constamment prise d’assaut par la majorité continentale et même par rapport à la Francophonie internationale?

Contribution positive : depuis 2009, une affichette fournie gratuitement par l’Office québécois de la langue française (OQLF) annonce, à la porte de mon entreprise : « Ici, on commerce en français ». Et à gauche de mon écran cathodique trône le trophée remporté en 2010 du Mérite du français dans les TI (application logicielle petite et moyenne organisation) attribué par l’OQLF et ce, après avoir été deux fois finaliste en 2006 et en 2007. Avouez qu’il y a de quoi s’enorgueillir.

Volet métier, j’applaudis l’initiative et les efforts concertés des francophones de France, du Luxembourg et d’ici qui gravitent autour de la rédaction des nouvelles normes ISO de la série 30300. Avec comme objectif que soient publiés et diffusés des textes dans une langue française de qualité compréhensible dans l’ensemble de la Francophonie. Et vivement le même exercice avec la 15489!

Michel Roberge