10 mars 2015

Notre métier n’a pas le luxe de perdre des joueurs expérimentés

Par les temps qui courent, dans un contexte de rareté de ressources professionnelles expérimentées et formées dans le domaine de la gestion intégrée des documents (GID) d’activité, il est désolant de constater que certains décident de réorienter temporairement ou définitivement leur carrière ou d’accepter des postes qui sont à des années lumières de leurs compétences et de leur expérience, leur savoir, leur savoir-faire et leur savoir-être accumulés au fil des ans. Pourtant, cette profession n’est pas en carence de défis, bien au contraire. Des équipes de travail se voient affaiblies par des départs inopinés alors que d’autres sont difficilement constituées pour répondre à des demandes de services de plus en plus pressantes. Et que dire des tentatives de recrutement pour des interventions professionnelles à la hauteur des qualifications des candidats pressentis qui ont comme résultat une perte de mandats successifs. Ce métier a besoin de ses meilleures ressources professionnelles et techniques. Un pensez-y bien avant de sauter la clôture.

4 commentaires:

Manon a dit...

Je suis d'accord avez vous, mais ce n'est pas toujours par choix qu'on décide "de sauter la clôture".

J'ai plus de vingt ans d'expérience dans le domaine, et pourtant j'ai sérieusement pensé à réorienter ma carrière il y a 1 an lorsque je me suis retrouvée sans emploi.

N'eut été d'un heureux hasard qui a fait que j'obtienne un contrat pour la mise en place d'un système de GID, j'aurais définitivement mit fin à ma carrière.

Je vis en région, et ici la profession est méconnue, pour ne pas dire presque inconnue. Les opportunités d'emploi dans le domaine sont quasi nulles.

Lorsque mon contrat sera terminé, il est fort possible que le seul choix que j'aurai sera de "sauter la clôture"... même si je n'en ai pas envie.

Chantal Ménard a dit...

Il est effectivement dommage de perdre souvent nos "meilleurs joueurs" pour des domaines connexes. Par contre cela se poursuivra tant et aussi longtemps que notre profession ne sera pas reconnue à sa juste valeur. C'est à dire que les salaires et les conditions d'avancement sont malheureusement, nettement plus avantageuses dans les domaines connexes.

Sophie Roy a dit...

Selon vous, quelles sont les causes de ces départs et réorientations ?

Natalie Bissonnette a dit...

La désertion de la profession est désolante. Plus d’un ont dû la quitter faute de travail à la hauteur de leur talent, de leur expertise. Plusieurs archivistes de mon entourage ont dû hélas se réorienter, même s’ils avaient de nombreuses années d’expérience. C’est encore mon cas aussi. Je suis toujours « sauvée » in extremis de cet abandon de la profession.

Je suis tout à fait passionnée par ce que je fais, chaque jour. Mais cette passion ne suffit pas à décrocher l’emploi convoité. Le milieu est étrange : pas d’emploi pour les chercheurs d’emploi et pas de personnel qualifié en archivistique pour les recruteurs. Bizarre monde.

Ouvrons nos horizons. Formons-nous à de nouvelles réalités. Et surtout, soyons ouverts. Peut-être est-ce là la clé.