8 janv. 2009

55 – Le poids des documents technologiques

Vous êtes-vous déjà demandé si une clef USB et un cédérom étaient plus lourds lorsqu’ils contenaient des données? La question m’a été posée dernièrement. À première vue, pour un néophyte, elle peut paraître sérieuse. Je me souvenais d’avoir lu quelque chose à ce sujet. Après quelques recherches, j’ai retrouvé dans les archives du journal Le Soleil de Québec (4 mai 2008, page 16) un article de Jean-François Cliche intitulé « Léger comme un électron ».

La réponse est évidemment non. Après avoir consulté un professeur du département de génie électrique de l’Université Laval, Dominic Grenier pour ne pas le nommer, l’explication suivante était fournie :

« Dans une clé USB […], l’information est stockée au niveau des transistors. […] Lorsque l’on transfère un fichier sur une clef USB […], il se produit essentiellement deux choses. D'abord, une partie métallique des transistors, que l’on nomme « grille flottante » parce qu’elle est normalement isolée du reste des matériaux qui ne conduisent pas l’électricité, cesse d’être « flottante », justement. La clef USB se sert en effet de l’énergie électrique que lui fournit l’ordinateur pour « brancher » ces grilles sur ses circuits électroniques.

« Dans un deuxième temps, ce branchement permettra à la clef de mémoire de donner une charge électrique à ces grilles, soit en y ajoutant des électrons (charge négative), soit en en retirant (charge positive).

« Lorsque la clef USB est retirée de l’ordinateur, les grilles redeviennent flottantes, c’est-à-dire qu’elles sont de nouveau isolées du reste par des matériaux non conducteurs et peuvent ainsi conserver leurs charges électriques.

« Et c’est justement sous cette forme que la clef garde l’information : selon le type de charge électrique (positive ou négative) qu’on lui faut porter, chaque transistor correspond à un 1 ou à un 0 du langage binaire – ce qui signifie, comme on s’en doute, qu’une clef USB contient un joyeux paquet de transistors microscopiques.

« Une fois l’information emmagasinée, certains transistors pèseront donc un peu plus lourd
[…] parce qu’on leur a ajouté quelques électrons supplémentaires. Mais ces électrons-là étaient déjà dans la clé USB, on les a simplement changés de place. »

Élémentaire et fort intéressant, mon cher Watson ! L’explication ne portait pas sur les cédéroms. Le fait de perforer la couche métallique d’un cédérom (CD-R) rendrait-il celui-ci plus léger lorsqu’il est plein de données? Il faudrait peut-être "creuser" la question?

Michel Roberge

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