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8 déc. 2014

962 - Loi sur la transparence et l’accès à l’information publique de l’État de Puebla

À la suite de ma participation à la Ve Convención Internacional de Archivistas et au IV Foro Nacional de Legislación Archivística  qui se tenait à Puebla, México, du 12 au 14 novembre 2014, j’ai rapporté un exemplaire de la Ley de Transparencia y Accesso a la Información Pública del Estado de Puebla. Il est toujours intéressant de comparer le cadre juridique appliqué dans différents pays en matière de gestion des documents d’activité. J’ai le plaisir de partager avec vous la structure de cette loi en vigueur depuis le 31 décembre 2011.

SECTION I - DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Chapitre I - Organismes visés, principes et objectifs
La loi vise les organismes des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, les tribunaux administratifs, les municipalités et organismes qui en dépendent, les organismes constitutionnels ou légalement autonomes et les partis politiques.

Chapitre II - Information publique administrative
Cette section présente les différents types d’informations administratives visés et dresse la listesdes documents qui doivent être diffusés sur les sites Web des différents organismes.

Chapitre III -  Promotion du droit d’accès à l’information publique
Cette section explique comment les organismes et leur personnel doivent être proactifs dans la promotion du droit d’accès à l’information

Chapitre IV – Restrictions au droit d’accès
Cette section présente la liste des informations et des documents qui ne peuvent être rendus publics en raison de leur nature (documents confidentiels, renseignements personnels)

SECTION II - ACCÈS À L’INFORMATION PUBLIQUE

Chapitre I - Procédure pour exercer le droit d’accès à l’information publique
Cette section décrit le processus de demande, de consultation et, au besoin, reproduction des documents public.

Chapitre II - Les obligations des unités administratives
Cette section présente les obligations des unités administratives dans le processus d’accès à l’information publique.

SECTION III - COMMISSION POUR L’ACCÈS À L’INFORMATION ET LA PROTECTION DES DONNÉES PERSONNELLES DE L’ÉTAT

Chapitre I - Composition et rôles
Cette section présente la composition de la Commission, la durée des mandats des membres ainsi que leurs responsabilités et obligations.

Chapitre II - Recours de révision
Cette section présente le processus de demande de révision de la décision d’un organisme à la suite d’un refus d’accès à l’information signifié à un citoyen.

SECTION IV - RESPONSABILITÉS ET CONTRÔLE DE LA COMMISSION

Chapitre I – Responsabilités
Cette section décrit les responsabilités de la Commission.

Chapitre II - Contrôle de la Commission
Cette section décrit les contrôles exercés sur la Commission.

On peut consulter le texte de la loi (en espagnol) sur le site Web de la ville de Puebla.

25 avr. 2014

901 - En France : une loi pour fermer les archives ?

Intéressant ce billet de Jordi Navarro sur le blogue papiers-poussières.fr qui traite à la fois de l’accès aux documents d’archives (documents pérennes, de conservation permanente) que des documents d’activité (documents administratifs) à la lumière d’un avant-projet de loi sur le patrimoine dans le quel on y lit :

« Les archives publiques sont […] communicables de plein droit et sans délai.

L’accès à ces archives s’exerce dans les conditions définies pour les documents administratifs à l’article 4 de la loi n° 78-753 [...] jusqu’à leur transfert dans les services publics d’archives compétents.

Après transfert dans ces services, l’accès aux archives s’exerce par consultation gratuite sur place.

Par dérogation à l’alinéa précédent, l’accès aux archives continue de s’exercer dans les conditions définies pour les documents administratifs à l’article 4 de la loi du 17 juillet 1978 précitée quand il est motivé par les besoins de la gestion et de la justification des droits des personnes physiques et des personnes morales.

Les services publics d’archives peuvent également déterminer d’autres modalités d’accès aux archives. »

L’auteur en conclut que « dès lors que les documents seront dans un service d’archives, ils ne seront plus librement communicables. À moins d’en avoir besoin pour des raisons administratives, il ne sera plus question pour l’usager d’exiger la communication à distance d’un document. La consultation sur place sera l’unique garantie apportée par la loi, charge aux services d’archives d’être plus généreux s’ils le souhaitent.

Pour la première fois, les documents seront moins accessibles dans les services d’archives que dans les administrations. Un comble. »

9 mai 2013

Hors série – À quoi servent les archives publiques si on ne peut y avoir accès ? À moins que...


Voilà une question légitime que peut se poser un simple citoyen. Mais encore plus un professionnel du métier qui devrait y voir une atteinte à sa mission même dans une société démocratique.

Dans l’affaire du refus du premier ministre canadien d’ouvrir les archivesrelatives au rapatriement en 1982 de la Constitution canadienne qui se serait « négocié » par juge de la Cour suprême interposé, la première question qui vient à l’esprit est de savoir s’il y a délai de prescription d’accès à ces documents. À Londres, au Foreign Office, où on retrouve une partie de la correspondance canado-britannique sur le sujet, il semble que non.

Si c’est le cas au Canada, y a-t-il quelqu’un dans la salle, un archiviste canadien si possible, qui pourrait nous éclairer ? Sinon, qu’attend la gent archivistique québécoise et canadienne pour prendre position sur la raison d’être de la fonction (conservation de la mémoire documentaire et accessibilité des archives) et par conséquent du métier.

Dans tout ce débat politique, on aurait besoin d’un éclairage crédible qui doit venir des spécialistes du métier. À moins qu’ils ne soient muselés par de quelconques codes d’éthique.  

Si je suis dans l’erreur, faites-moi le savoir, je m’amenderai.

Entre-temps, je vous invite à écrire comme moi au premier ministre Stephen Harper afin de faire pression sur l’ouverture des archives relatives à cette période importante dans l’histoire du Québec. Et ce afin que nous puissions vérifier si, après les promesses d’un dénommé Pierre-Elliot Trudeau après le référendum de 1980, les Québécois se sont fait passer un autre sapin de Douglas !

En passant, il est aussi possible d'appuyer la Création d'une commission nationale d'examen sur la constitution en signant d'ici le 22 mai 2013 une pétition sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.

Michel Roberge

5 déc. 2012

Info Flash - Vers l’Opendata : La numérisation de l’information administrative devient impérative


À lire, cet article de Mor Ndiaye Mbaye publié sur le site Web de leral.net qui traite de la nécessité de transformer en format numérique l’information consignée sur papier pour une gestion plus efficace des documents et, il est important de le souligner, une plus grande facilité d’accès par les citoyens. Je me permets d’en reproduire ci-dessous les derniers paragraphes :
 

« la mise à disposition des données publiques pose de nombreux problèmes juridiques, techniques et économiques qu’il faudra nécessairement examiner très profondément pour que les données soient effectivement partagées dans le strict respect des lois et règlements tendant à garantir la protection des droits des uns et des autres. Aussi faudra-t-il travailler à faire progresser la connaissance et à remettre en cause les certitudes ou les habitudes qui s’accordent mal avec un monde en perpétuelle et rapide évolution technologique.

L'enjeu est aussi économique car selon la Commission européenne, « le potentiel des activités liées à la réutilisation et à la valorisation des données publiques en Europe se chiffrerait autour de 27 milliards d'euros. Les axes de développement en sont multiples : innovation et développement de l’économie numérique, innovation sociétale, citoyenne et démocratique. Le défi est de taille »

Un autre train de l’histoire, cette fois ci contemporaine, à ne pas manquer. »
 

Un sujet de l’heure qui fait l’objet de mon prochain billet.

Michel Roberge

15 nov. 2012

Info flash : Redonner son sens à la Loi sur l’accès aux documents…


Dans un entrefilet publié dans le journal Le Soleil de Québec sous la plume du journaliste Jean-Marc Salvet, on apprend que le ministre responsable de l'Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor a l’intention de « redonner un sens à la loi québécoise sur l’accès aux documents » des organismes publics…

« Il estime que l’accès aux informations est devenu l’exception et leur rétention, la règle de base. Il dit vouloir inverser les termes de l’équation ».

À suivre avec grand intérêt.

Michel Roberge

7 nov. 2012

631 - L’établissement des règles de gestion du cycle de vie des dossiers : du mode « push » au mode « pull »

Traditionnellement, les caractéristiques des dossiers, leurs règles de conservation et celles relatives à l’accès ont toujours été établies en mode « push » (du dossier vers les documents). Cette approche s’imposait dans un contexte de documents disponibles uniquement sur support papier. Ainsi, à partir de chacune des séries documentaires annoncées dans un schéma de classification auxquelles se rattachent un nombre indéfini de dossiers, la pratique consiste à planifier globalement leur cycle de vie (durée de vie utile et sort final, niveau de confidentialité, essentialité) et, par conséquent, celui des documents qui les composent. La même approche s’applique en ce qui a trait aux droits d’accès plus ou moins limités aux dossiers et à leurs composantes.

Avec l’introduction progressive de dossiers technologiques composés de fichiers informatiques, de courriels… on a eu tendance à appliquer les mêmes principes directeurs en se basant sur les caractéristiques définies au niveau des séries documentaires fédératrices de dossiers électroniques, de répertoires informatiques.

Mais dans un environnement numérique, il est technologiquement possible de comparer les caractéristiques des documents d’un dossier ainsi que leur durée d’utilité individuelle  en lien avec les autres documents du même dossier. En mode « pull » (des documents vers le dossier) la sécurisation des documents et des dossiers peut être plus poussée. En confrontant les informations de gestion propres à chaque document, il est possible d’ajuster automatiquement la gestion du cycle de vie et de l’accès pour l’ensemble ou une portion de chaque dossier. Et ce, au fur et à mesure de l’ajout de nouveaux documents (fichiers informatiques, courriels…).

Une telle approche automatisée permet une gestion évolutive de la durée de conservation (règle de conservation dynamique), de la mise à niveau des accès, de l’identification de la présence d’informations essentielles à protéger en cas de sinistre ou de renseignements personnels.

Un principe de gestion intégrée des documents à considérer qui peut mieux répondre aux attentes des responsables de la gestion documentaire et ceux de la sécurité de l’information.

Michel Roberge

16 oct. 2012

Info flash : un site Web québécois fermé parce que trop coûteux


Il y a de ces décisions administratives (ou politiques) qui décoiffent. Celle-ci en est une.

Selon le journal La Presse de Montréal,  le site Web de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables qui « hébergeait une douzaine de rapports qu'elle avait commandés ainsi que les mémoires qu'elle a reçus des citoyens » a été fermé en mars 2012.
 

·         Coûts d’hébergement : « 60$ par mois ».

·         Coûts des activités de la commission : plusieurs centaines de milliers de dollars.

·         Respect de l’esprit de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics… : on repassera.

 
Heureusement, les documents ne sont pas complètement perdus : « Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ), de son propre chef, a entamé la collecte des données du site en 2009 … […] ne seront pas accessibles avant encore plusieurs mois. »

Je n’ose même pas faire de commentaires.

Michel Roberge

8 oct. 2012

Flash info : Ottawa lance un projet pilote d'accès à l'information via Internet


Le site Web de la Société Radio-Canada nous informe que le « gouvernement Harper lancera au début de 2013 un projet pilote permettant aux citoyens et déposer des demandes d'accès à l'information via Internet ». Et ce dans le but de « diminuer les dépenses et de réduire les retards grandissants ». Une mesure qui est déjà en application au Mexique et aux États-Unis.

Michel Roberge

3 oct. 2012

Flash Info - Consultation sur la loi canadienne sur l’accès à l’information


La Commissaire à l’information du Canada, Suzanne Legault qui croit en la nécessité de moderniser la Loi sur l’accès à l’information et de l’harmoniser avec des normes nationales et internationales progressistes invite la population à prendre part, d’ici le 21 décembre 2012, à une consultation en ligne sur « la manière de maintenir la pertinence et l'efficacité du régime d'accès à l'information au Canada ».

« Les renseignements obtenus dans le cadre du processus de consultation me permettront de présenter des conseils éclairés au Parlement sur des changements potentiels pour garder la Loi pertinente et efficace et d’assurer qu’elle continue de refléter les valeurs des Canadiennes et des Canadiens », a expliqué la commissaire qui entend faire rapport au Parlement canadien à l’automne 2013.

Michel Roberge

1 oct. 2012

Flash info – La loi canadienne d'accès à l'information : qu'en est-il 25 ans plus tard?


À lire :  l’article d’Anne-Marie Gingras « Access to Information: An Asset for Democracy or Ammunition for Political Conflict, or Both? », publié dans Canadian Public Administration/Administration publique du Canada, vol. 55, no 2, 2012, p. 221-246, disponible à partir du site Web de Wiley Online Library qui résume ainsi ce texte :

« Plus de vingt-cinq ans après son adoption, la Loi sur l'accès à l'information constitue une source croissante d'inquiétude pour la fonction publique, les experts, les scientifiques et les médias. Cet article évalue les problèmes liés à l'accès à l'information depuis les années 1980, la portée politique de l'information en démocratie et la tension constante entre son objectif démocratique et sa valeur stratégique. Il se penche aussi sur les questions de centralisation, de contrôle et de secret gouvernemental au sein de l'appareil d'État dans un contexte d'exigences accrues de transparence. Avec l'arrivée au pouvoir des conservateurs en 2006, le contrôle et les conflits au sujet de la divulgation d'information se sont étendus à une plus grande partie de l'appareil gouvernemental. De nouvelles questions ont surgi et parmi ceux qui sont en conflit avec le Bureau du Premier ministre se trouvent les députés, les agents du Parlement et les comités parlementaires. »
Michel Roberge

22 août 2012

596 - Données ouvertes : tentative de dresser le portrait de la collusion et de la corruption

Lu dans le journal Le Devoir (Montréal) du 21 août 2012 :

« Des données numériques libres contre la corruption » sous la plume de Fabien Deglise. Corruption, collusion, copinage, financement des partis politiques : sujets sur toutes les lèvres au Québec depuis quelques années et l’un des thèmes de la présente campagne électorale.

« Prévenir la collusion et la corruption par les données numériques ouvertes. Un groupe de programmeurs a décidé de lutter à sa manière contre l’utilisation abusive des fonds publics en partant à la recherche d’applications informatiques visant à démasquer plus facilement ce genre de dérives. Cette quête va se faire dans le cadre d’un « hacketon », ces groupes de travail collaboratif qui s’abreuvent aux données ouvertes, qui se tiendra à Montréal dans quelques semaines à Montréal. Pendant 48 heures, plus d’une centaine de ces maîtres du code vont y jouer avec des fichiers informatiques publics fédéraux, provinciaux et municipaux afin de dresser autrement le visage de la corruption. »

À suivre.

Michel Roberge

18 avr. 2012

543 - La gestion effective des documents

Ne devrait-on pas s'imposer une réflexion sérieuse afin d’évaluer les impacts réels sur les organismes publics des législations québécoises sur les archives (gestion du cycle de vie des documents) et sur l’accès aux documents (obligation de classer leurs documents « de manière à en permettre le repérage »)? Jusqu’à quel point ces organismes gèrent effectivement et efficacement l'ensemble de leurs documents selon les exigences légales et réglementaires, les normes et les bonnes pratiques du métier?

Combien d'organisations n'ont pas de politique de gestion documentaire? Combien se sont dotés à grands frais des outils techniques (schéma de classification et règles pour la gestion du cycle de vie des documents) et technologiques (plusieurs générations de solutions logicielles) dont la conformité de la mise en application et la pérennité n'ont pas été assurées? Que dire des organismes qui se prémunissent de ces outils pour être en règle avec la législation?

Une réalité qu'on se refuse d'admettre dans beaucoup trop de cas!

Michel Roberge

9 avr. 2012

539 - Le ridicule ne tue pas, mais il choque…

Vu et entendu dernièrement, presque mot pour mot, lors d’une visite dans un hôpital de Québec (département de l’orthopédie) qui, en passant, dans le cas de cet établissement, est devenu un CHA (centre hospitalier associé) et non pas un CHU (centre hospitalier associé) mais pas un CSSS (centre de santé et de services sociaux) :-)

Une dame âgée provenant d’un milieu très modeste et par surcroît nouvelle immigrante, accompagnée de son mari, se présente au poste d’accueil pour la prise d’un rendez-vous. Évidemment, elle s’exprime difficilement en français. La préposée s’exclame : « Mais Madame, ça prend vos radiographies! Où a-t-on pris vos radiographies? » Je n’entends pas la réponse de la dame. Et la préposée de rétorquer : « Allez chercher le CD et revenez : pas de CD, pas de rendez-vous! »

À part la façon un peu cavalière de s’adresser à cette cliente qui caractérise trop souvent les relations avec certaines personnes du réseau de la santé, j’avais le goût de réagir et de répliquer « Comment ça aller chercher le CD : on est en 2012, la télétransmission des images numériques c’est pour quand? ».

À l’époque où les radiographies se présentaient sous forme de films, il fallait évidemment transporter le support d’information. Mais à l’ère du numérique… J’ose espérer que les radiographie de la patiente avaient été prises dans un autre établissement parce que sinon, la situation est encore plus ridicule.

Michel Roberge

15 juin 2011

443 - Monsieur Hulot et la métaphore du travail en silo

Voici deux courts extraits d'une aventure de Monsieur Hulot (Playtime - Jacques Tati, 1967) où celui-ci se perd dans un dédale de bureaux, à la recherche d'une personne avec qui il a rendez-vous. Imaginez la recherche et la gouvernance documentaire dans une telle entreprise où chaque silo d'information est complètement isolé! Une caricature ?





Il y a de quoi perdre le sens de l'orientation... décisionnelle!

Michel Roberge

6 juin 2011

439 - Le plan de classification : la clé d’accès aux documents gouvernementaux?

En 2006, le gouvernement du Québec modifiait sa Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Depuis décembre 2009, pour les ministères et les organismes, le plan de classification tient désormais lieu de liste de classement, outil obligatoire pour faciliter l’exercice du droit d’accès par les citoyens : l’article 16 de la loi mentionne en effet que cette liste « doit être suffisamment précise pour faciliter l'exercice du droit d'accès ».

Or la majorité des ministères et organismes du gouvernement semblent s’être concertés pour diffuser des plans de classification tronqués, limités souvent à 3 ou 4 niveaux hiérarchiques de précision, parfois moins. L’expression « suffisamment précise » aurait-elle orienté ce choix qui semble ne pas respecter l’esprit de la loi? Ou bien l’objectif non avoué publiquement n’est-il pas de restreindre le nombre de demandes potentielles du public ou des médias?

N’est-il pas légitime de s’interroger sur le réel désir de transparence de l’administration gouvernementale? À moins que cette législation n’ait qu’une portée théorique que seuls des spécialistes du métier sont en mesure d’évaluer la praticabilité? Qu’on élimine de l’arborescence publiée la mention des séries documents non accessibles en vertu des restrictions d’accès énoncées aux articles 18 à 41 va de soi. Cependant, si on ne rend pas public l’énoncé de l’ensemble des séries de dossiers et de documents potentiellement accessibles en vertu de la loi que doit afficher le plan de classification d’une organisation, le citoyen est définitivement limité dans son droit de repérer une information qu’il souhaiterait consulter.

Et que dire de certaines de ces organisations gouvernementales qui, encore dernièrement, avaient mis en ligne des structures de classification qui n’étaient même pas les leurs ou qui ne sont plus ou pas utilisées?

De plus, l’article 16 de la loi indique qu’un « organisme public doit classer ses documents de manière à en permettre le repérage. Il doit établir et tenir à jour une liste de classement indiquant l'ordre selon lequel les documents sont classés ». La loi dit bien « sont classés », pas « peuvent être classés ».

La question qui tue : les documents des ministères et des organismes du gouvernement sont-ils tous vraiment classés (rangés, ordonnancés…) selon le plan de classification diffusé? La réponse risque-t-elle d’illustrer l’inapplicabilité effective de cet article? Si c’est le cas, voilà une exigence légale peu crédible!

Michel Roberge

22 avr. 2011

416 - Gouvernance transparente : l’exemple du Conseil de l'Union européenne


Que voilà une belle illustration de la transparence de la gouvernance d’une organisation publique! Lorsqu’on visite le site du Conseil de l’Union européenne disponible en plus de 20 langues, onglet « Documents », on constante tous les efforts qui ont été investis pour donner accès aux documents publics.

Un registre public disponible depuis 1999 contenant « des références aux documents du Conseil qui y sont inscrits par le biais d'un système d'archivage automatique » accompagné d’instruction pour la recherche, des fonctionnalités de recherche simple ou avancée, incluant des références à des documents récents aussi disponibles en texte intégral, une description du processus des demandes d’accès, une section réservée pour l’accès aux registres publics d’autres institutions et organismes européens, sans oublier, bien sûr, une aide technique en ligne.

L’ensemble est complété par l’énoncé de la politique en matière d’accès aux documents du Conseil, une section relative à la transparence législative et un espace Archives très complet donnant accès et fournissant des « informations sur les fonds concernant le fonctionnement courant du Secrétariat Général du Conseil » et aussi « concernant des négociations intergouvernementales ».

Le tout très facilement repérable dès la page d’accueil du site.

Essayez de repérer en aussi peu de temps qu’il pourrait vous en prendre sur ce site le même genre d’information que les ministères et organismes du gouvernement du Québec doivent rendre disponible en vertu du Règlement sur la diffusion de l’information et sur la protection des renseignements personnels. Vous m’en redonnerez des nouvelles.

Michel Roberge

10 févr. 2011

383 - QuébecLeaks et protection des documents et des renseignements personnels des organisations québécoises


Le 16 février 2011, un WikiLeaks à la québécoise sera une réalité incontournable qui risque d’avoir des conséquences sur la protection des documents produits, reçus et expédiés dans les organisations publiques et privées du Québec. C’est ce que nous apprend aujourd’hui le journal Le Soleil de Québec.

On peut déjà anticiper un certain nombre de problèmes dans le contexte d’application de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé.

Quel sera l’impact de la mise en ligne de ce nouveau site sur les pratiques de gestion documentaire, y compris sur les processus de création ou non de certains documents ou de consignation ou non de certaines informations sur papier ou sous quelque forme technologique? Il est évident que les systèmes en place seront mis à dure épreuve. D’un point de vue du métier, un beau défi à relever.

Michel Roberge

15 déc. 2010

359 - Wikileaks et Records Management


On peut être en accord ou non avec les actions de Julian Assange dont le slogan est « Help Wikileaks keep governments open », ce qui en fait un souhait plutôt louable en tant que citoyen. Mais ce qui devrait surtout nous inquiéter en tant que praticien du métier, c’est cette illustration de la difficulté d’assurer la sécurité de l’information contenue dans des documents technologiques, tant pour les services publics que pour les organisations du secteur privé.

On apporte souvent comme argument que la gestion des documents en format électronique renforce la protection des informations sensibles et celle des renseignements personnels. L’effet Wikileaks tend à démontrer le contraire. L’information électronique (les fichiers informatiques, les courriels…) s’incruste dans les organisations. Et elle est généralement celle qui est la plus mal gérée. Bien qu’elle ne soit accessible qu’à partir de systèmes d’accès dits sécurisés (identifiants et mots de passe) de solutions logicielles de GÉD, de collaboration ou de gestion intégrée des documents (GID), il n’en reste pas moins que ce sont des individus qui la manipulent. Même s’il est technologiquement impossible de la reproduire, de la faire circuler si on n’en a pas le droit, il reste toujours des moyens détournés pour la copier ou la capturer et la remettre à qui de droit pour une utilisation tout autre que celle qui a été initialement prévue.

Cette réalité incontournable pose des défis très importants à notre profession : en mettant de l’ordre dans l’information portée par tout support, en l’enregistrant dans des outils informatiques de plus en plus performants, en la rendant désormais encore plus disponible qu’auparavant, ne contribue-t-on pas à une plus grande vulnérabilité informationnelle des organisations? Comme me le mentionnait dernièrement un collègue : le désordre serait-il plutôt garant de sécurité? L'aiguille dans une botte de foin est-elle plus en sécurité que bien classée dans un tiroir parmi d’autres du même type et de la même taille? J’exagère peut-être. J'ai déjà entendu cette argumentation pour justifier le refus de mettre en place un système unifié de gestion des documents administratitfs.

Toute réflexion faite, la protection de l’information que possède une organisation ne repose-t-elle aussi en grande partie sur la loyauté des membres de son personnel? Avec des systèmes de GID très performants, fournit-on à certaines personnes corruptibles des moyens efficaces de causer des torts irréparables à partir de l’écran de leurs postes de travail individuels, dans le confort de leurs bureaux?

À lire aussi sur le blogue de Claude Super : Information, techno 2.0, media sociaux Et le maillon faible ! et WikiLeaks Disclosures … A Wakeup Call for Records Management

Michel Roberge

19 nov. 2010

342 - Lee Child et le processus d'accès aux archives de l'armée

Dans une des aventures de Jack Reacher (Des gages pour l’enfer. – Paris : Éditions Ramsay, 2000. – 378p.), l’écrivain anglais Lee Child imagine ou décrit aux pages 219 à 223 le processus de consultation des documents d’archives militaires de Saint-Louis :

« L'accès du public aux archives était strictement limité. […] les dossiers militaires peuvent être très directs dans leurs commentaires, il faut pouvoir les lire et les interpréter dans leur contexte. […] Mais à présent, [Reacher] se demandait comment accéder à ces millions d'informations classées dans des millions de dossiers. Avec la meilleure volonté du monde, le personnel des archives pouvait mettre des jours, voire des semaines, à trouver le renseignement demandé. C'était souvent le cas autrefois et, à l'époque, Reacher s'amusait de l'énergie que déployaient les uns et les autres pour mettre la main sur le bon dossier.

Jodie
[l’avocate qui accompagne Reacher] et lui pénétrèrent dans le bâtiment et se dirigèrent vers l'accueil. Une femme d'un certain âge se tenait au guichet. Elle portait un uniforme d'adjudant et paraissait plongée dans ces papiers qui absorbent toujours tellement les fonctionnaires quand on attend qu'ils lèvent enfin les yeux. Au bout d'un long moment, sans un mot, elle leur tendit deux formulaires et désigna du menton un stylo retenu par une chaînette à l'autre bout du guichet. C'étaient des demandes d'autorisation. […] Quelqu'un allait venir chercher les formulaires et entamer de longues et patientes recherches dans le labyrinthe des archives.

[…]

- Qui dirige les recherches aujourd'hui? Demanda soudain Reacher. […]
- Le commandant Theodore Conrad, répondit-elle à contrecoeur.

[…]

L'homme les attendait sur le palier. Un uniforme d'été, un nom inscrit sur une petite plaque de plastique agrafée sur sa poitrine. Quarante-cinq ans environ. Lamine sympathique, mais dissimulant peut-être un peu d'amertume. Être encore aux archives à quarante-cinq ans n'était pas le signe d'une brillante carrière.

[…]

Conrad décrocha son téléphone et demanda le dossier Hoble. À peine cinq minutes plus tard, on frappait à la porte du bureau.
- Rapide, fit Jodie.
- Non, pas vraiment, répondit Conrad. Réfléchissez : le soldat m'entend dire H comme Hoble. Il se précipite dans la section H, localise le fichier, l'attrape et court avec jusqu'à mon bureau. Nos soldats sont censés recevoir un entraînement physique leur permettant de couvrir un kilomètre et demi en cinq minutes. Et il y a bien moins d'un kilomètre et demi entre la section H et ce bureau. Par conséquent, ce soldat s'est montré un peu lent. Je le soupçonne d'avoir été retardé par le délicieux adjudant de la réception.
»

Michel Roberge

17 nov. 2010

341 - Un accès géographique ou thématique en temps réel des tweets les plus populaires

Je vous invite à consulter le site de Trendsmap.com, un outil très intéressant pour retracer en temps réel les messages diffusés sur Twitter sur une base locale ou thématique. Les sujets les plus discutés y sont affichés sous forme de tags en nuages à l’échelle mondiale, régionale ou locale :



Bien plus, il est possible, d’un seul coup d’œil au bas de la carte géographique, d’identifier et de consulter les sujets les plus discutés dans un choix de ville donnée ou sur les thèmes les plus récurrents. Dans le cas d’une ville, le système affiche la liste des thèmes les plus populaires. Il s’agit d’en sélectionner un pour voir se dérouler les tweets publiés. À partir d’un d’entre eux, il est aussi possible d’accéder au compte de l’émetteur pour consulter ses autres messages.
D’autres informations sont aussi disponibles telles que des liens vers des blogues, des sites, des articles, des vidéos, des images, des personnalités, des tags les plus populaires et les villes à proximité de la ville sélectionnée.

Si par contre on sélectionne un sujet, la liste déroulante des tweets est alors affichée, le tout en temps réel. J’ai même vu passer un de mes messages pendant que je consultais TrendsMap.

Enfin, le site permet également de faire une recherche sur une ville ou sur un thème de son choix. Dans tous les cas, un graphique illustre la répartition du nombre de messages émis sur une période de sept jours.

À quand une solution logicielle similaire pour la gestion intégrée des documents qui informerait, en temps réel, les usagers accrédités de la création, de la réception ou de l’expédition de nouveaux documents relatifs à un dossier, à une unité administrative, à un sujet…?

On peut rêver, non?

Michel Roberge