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26 oct. 2015

1138 - Pourquoi gérer les documents en format numérique? 2- Les exigences

Le concept de la GID (gestion intégrée des documents) repose sur l’enregistrement organisationnel des documents d’activité qui composent les dossiers de mission et de gestion interne (en soutien à la mission) d’une organisation et ce quel que soit le support sur lequel est consignée l’information : Courriels avec ou sans fichiers joints, fichiers de bureautique, fichiers images de documents numérisés, fichiers images (photos, vidéos), dossiers physiques, documentation technique…

Gérer efficacement les documents en format numérique comporte un certain nombre d’exigences. En voici quelques-unes :

  • Volonté des décideurs et engagement des gestionnaires
  • Gestion du changement
  • Mise en place d’un réseau de « documestres » sectoriels (et d’adjoints, si nécessaire) afin de soutenir localement des utilisateurs des documents
  • Aucune pour le schéma de classification : basé sur les activités (ISO 3030X) – sans limites du nombre de niveaux
  • Règles d’appellation des dossiers (titres complémentaires à ceux fournis par le schéma de classification), des fichiers (débutant par la date…), des courriels
  • Règles d’accès aux dossiers et aux fichiers (générales et exceptions pour la protection de l’information sensible
  • Règles de conservation intégrées aux dossiers enregistrés dans le logiciel et applicables tant aux éléments numériques et que physiques
  • Tous produisent, reçoivent ou expédient des documents : tous doivent classer les documents technologiques (responsabilisation VS attentes individuelles)
  • Formation initiale et service de soutien aux utilisateurs, au cœur d’une gestion efficace et efficiente
  • Formation des nouveaux arrivants (incluant les nouveaux gestionnaires)
  • Réalisation d’audits périodiques pour assurer la conformité et rajuster le tir

19 oct. 2015

1136 - Pourquoi gérer les documents en format numérique? 1- Les avantages

Le concept de la GID (gestion intégrée des documents) repose sur l’enregistrement organisationnel des documents d’activité qui composent les dossiers de mission et de gestion interne (en soutien à la mission) d’une organisation et ce quel que soit le support sur lequel est consignée l’information : Courriels avec ou sans fichiers joints, fichiers de bureautique, fichiers images de documents numérisés, fichiers images (photos, vidéos), dossiers physiques, documentation technique…

Gérer les documents en format numérique comporte un certain nombre d’avantages. En voici quelques-uns :

  • Création d’une voûte documentaire organisationnelle sécurisée (un seul dépôt de documents numériques VS disques durs des postes locaux et de différents serveurs) avec accès sectoriel (élimination du papier)
  • Mêmes pratiques de gestion que pour les documents physiques : schéma de classification, règles de conservation…
  • Dossiers complets sur une activité ou une affaire
  • Partage dynamique de l’information (dossiers) au sein des équipes de travail ou auprès d’intervenants externes
  • Décloisonnement des courriels
  • Gestion des versions et accès à la version la plus récente pour tous : application des règles de conservation sur la version la plus récente
  • Application des règles de gestion du cycle de vie à tous les documents des dossiers, peu importe le support d’information
  • Gestion plus serrée des règles d’accès (information sensible, renseignements personnels…)
  • Copies de sécurité assurée : protection des documents essentiels
  • Valeur juridique des documents technologiques (LCCJTI) : nécessité d’assurer l’intégrité
  • Facilite la gestion de projet autour des équipes de projets
  • Classement progressif des documents à la suite de leur production, de leur réception ou de leur expédition
  • Possibilité de recherche de document à partir du contenu (plein texte)
  • Recherche de dossiers avec accès à toutes leurs composantes numériques et localisation des éléments physiques
  • Aucune manipulation physique des documents
  • Intégrité assurée de l’ordonnancement chronologique des documents dans les dossiers
  • Possibilité de liens entre dossiers ou entre documents (si disponible dans logiciel)
  • Possibilité de contrôler la conformité (impossible dans les classeurs)
  • Élimination de la phase de gestion des semi-actifs
  • Élimination à l’interne de l’envoi de fichiers joints (autorisations d’accès générales ou spécifiques à certains fichiers)
  • Possibilité de liens à jour avec les documents diffusés sur l’intranet ou sur le site Web de l’organisation



Dans un prochain billet : les exigences.

5 oct. 2015

1131 – Abolition de postes de professionnels de la gestion des documents d’activité

Au cours des derniers mois, des contacts de mes réseaux m’ont interpellé et sensibilisé à propos de l’abolition purement et simplement ou de la remise en cause de certains postes de professionnels spécialisés en gestion des documents d’activité. Et ce, dans des organisations comptant un grand nombre d’employés. Raison apparente : réduire les coûts de la gestion.

Une telle décision contribue-t-elle vraiment à une plus grande efficience organisationnelle ?

Peu importe comment on l’appelle (gestion des documents, gestion de l’information, gestion des ressources informationnelle) cette fonction de management requiert un ou une pilote pour assurer la maintenance des outils de gestion documentaire et en assurer la conformité dans leur application par la formation, l’accompagnement et le soutien des utilisateurs des documents. Et nous savons tous qu’il s’agit là de l’ensemble des personnes œuvrant dans l’organisation, à tous les niveaux hiérarchiques, depuis que l’environnement bureautique fait en sorte que chacun et chacune crée, reçoit, expédie des documents qu’il ou qu’elle doit classer (sauvegarder) sur une base organisationnelle.

Il est facile de démontrer que sans de tels pilotes, un système de gestion des documents d’activité est menacé de se dénaturer avec les mouvements du personnel et, il faut le dire, l’absence de motivation et de rigueur de la grande majorité des intervenants (et on ne peut leur en vouloir) dans l’exercice de cette fonction administrative essentielle à la réalisation des activités de mission ou de gestion interne.


Aussi, l’élimination d’un poste de spécialiste de la gestion documentaire (particulièrement si une seule personne l’occupe) est une décision qui doit être sérieusement évaluée. Car les conséquences néfastes risquent d’apparaître à moyen et à long terme avec la nécessité d’un retour en arrière coûteux. Sans compter les risques encourus.

10 avr. 2015

993 - La gestion des documents d’activité dans les petites entreprises

Qui a dit que les bonnes pratiques de gestion des documents d’activité, qu’ils soient en format papier ou technologiques, ne s’appliquent que dans les organismes publics (services publics) ou des grandes organisations ?

Quelle que soit la taille d’un organisme, tous peuvent tirer profit de la mise en place d’un système de gestion documentaire. Le site secure360.org énonçait le 16 mars 2015 six bonnes raisons de systématiser la gestion des documents des petites entreprises et d’y investir :
  • Efficiency and productivity
  • Happy customers
  • Business continuity
  •  Decision-making
  • Minimized risk
  • Vanity

Avec comme conclusion : « A records management system is an investment that is going to keep your business competitive, valuable and organized. »

25 mars 2015

989 - Les tendances 2015 en gestion des documents d’activité


Dans le cadre du salon Documation 2015, Hélène Mouiche, analyste senior chez Markess, a identifié quelques-unes des tendances 2015 dans les processus de gestion documentaire. En voici le résumé extrait du site Web de Markess.fr :
« 1. Le multicanal, un enjeu majeur pour communiquer
Les évolutions technologiques et sociétales transforment les façons de communiquer. Les communications deviennent multicanal au travers de documents et de contenus échangés via des canaux complémentaires. Adopter une telle approche oblige inévitablement les entreprises à revoir leurs processus documentaires entrants et sortants, de même que les solutions de gestion utilisées. 
2. La conservation des contenus engageants
Le contexte légal et réglementaire est indéniablement un catalyseur de la dématérialisation des documents mais aussi de leur corollaire, la conservation de ces contenus électroniques. Les initiatives pour généraliser les échanges numériques ou la facturation électronique devraient ainsi favoriser les projets d'archivage de contenus numériques, avec en priorité la conservation de contenus engageants. 

3. Un marché tiré par les besoins d’automatisation des processus métiers
Le traitement de nombreux processus métiers comporte encore maintes interventions manuelles et répétitives ; l’introduction du numérique permet d’automatiser tout ou partie de ces processus et ainsi d’optimiser et de fiabiliser les processus et de réduire les délais de traitement. Aussi l’automatisation de processus est largement recherchée par les décideurs des directions métiers, à l’instar des RH qui y voient un vecteur d’optimisation de leurs processus. 
4. Associer processus, informations et personnes grâce au « case management »
Améliorer et automatiser les processus sont des enjeux clés et pourtant, le plus souvent, les solutions en place dans les organisations ne permettent d’y répondre que partiellement. Les besoins portent sur des solutions qui offrent une vision globale et unifiée des contenus, des processus concernés et des personnes impliqués dans leur gestion, afin de traiter aisément, rapidement et de façon collaborative un dossier.  
5. Développer la confiance numérique
L’innovation constante dans le domaine du numérique favorise également le développement de nouveaux usages tels que la contractualisation en ligne ou la saisie et la transmission d’un constat d’accident depuis un smartphone. Ces usages innovants déclenchent en parallèle la mise en œuvre de projets visant à sécuriser les échanges et les transactions qu’ils génèrent. »  

Bizarre, il n’a été nullement question d’archivistique ni d’archivage managérial !

12 mars 2015

Vient d’être publié - Un bon archivage pour une bonne gouvernance

Éléonore Alquier, chargée de mission auprès de la direction déléguée aux collections à l’Institut national de l’audiovisuel, après avoir été chef de la mission des Archives de France auprès du ministère des Affaires sociales et de la Santé, membre du Conseil international des archives a assuré la traduction de la boîte à outils Un bon archivage pour une bonne gouvernance qu’elle a présenté lors de la journée d’étude du 6 février 2015.

Instrument méthodologique destiné à aider l’archiviste en tant que fonction support, cette boîte à outils permet de dresser un diagnostic pour faire valoir le lien entre démocratie et bonne gestion des archives. La bonne gouvernance signifie que le pouvoir en exercice gère les ressources d’un pays en faveur de son développement. Cette notion recouvre donc un ensemble de principes : respect de la primauté du droit, lutte contre la corruption, bonne gestion des affaires publiques, respect des droits de l’homme ou encore promotion de la démocratie participative. Un bon archivage pour une bonne gouvernance présente les principes fondamentaux d’une gestion maîtrisée de l’information, notamment les enjeux de bonne gouvernance liés aux archives. Dans sa version initiale, The Recordkeeping for Good Governance Toolkit a été élaborée en 2009 par la branche pacifique du Conseil international des archives (PARBICA). Ce projet a été bénéficié du soutien politique et financier de l’Agence australienne pour le développement international. Elle est composée d’un ensemble de modules volontairement simples et destinés à toute personne devant gérer des archives (papier ou électronique), dans un contexte public ou privé. Elle met l’accent sur la stratégie.

Lors de la traduction française, le choix a été fait de ne pas reprendre la boîte telle quelle mais de l’adapter. Les objectifs étaient à la fois de sélectionner les modules qui complétaient l’offre du portail international archivistique francophone (PIAF) – et donc de renoncer à ceux qui étaient redondants avec le PIAF –, mais aussi de se concentrer sur l’amont de la chaîne archivistique pour améliorer la gestion des documents engageants d’où le développement de deux modules propres : organiser un audit et mettre en place un programme de documents essentiels.

L’intervenante conclut qu’une bonne gestion de l’archivage est importante pour :


  • l’efficience d’un service public. Cela permet d’organiser de manière efficace l’information sur des décisions et actions.
  • protéger les intérêts de l’État. Un bon archivage constitue une preuve de la réalisation de certaines actions ou obligations légales. Cela aide à la préservation des intérêts d’un gouvernement.
  • préserver l’intérêt public. Une mauvaise gestion des documents engageants peut causer du tort. Une bonne gestion des documents engageants permet de protéger toute la communauté en préservant l’information gouvernementale sur les personnes physiques et morales.


Source : alma.hypothese.org

30 janv. 2015

976 - Transparence et gestion documentaire : une question de volonté politique

Pour celles et ceux qui comprennent le Catalan (Google traduction peut vous venir en aide), j’attire votre attention sur cet excellent texte publié par Vicenç Ruiz Gómez, archiviste et professeur à l’Escola Superior d'Arxivística i Gestió Documental de l’Universitat Autonoma de Barcelona. Il présente un portrait de la gestion documentaire dans un certain nombre d’organisations municipales catalanes.

Cet article peut être consulté sur le site Web Empowering Archives.

24 sept. 2014

946 – Rien de nouveau sous le soleil en matière de gestion des documents… d’activité (Records Management)

Les principes qui sous-tendent la conception, le développement, le déploiement et la maintenance des systèmes de gestion des documents… d’activité (ou de Records Management pour celles et ceux qui carburent encore avec la langue de Shakespeare) n’ont pas changé d’un iota depuis leur énoncé au milieu des années cinquante. Et ce, quoiqu’en disent les technologues ou tentent de nous faire croire le contraire certains néologistes abscons.

Dans les organisations, au quotidien, des dizaines, voire des centaines et même des milliers de documents « documentant » les activités de mission ou de gestion interne ont toujours été créés, reçus ou expédiés. Au moment de leur création, différentes versions ont souvent été produites afin qu’ils reflètent adéquatement le message ou l’usage justifiant leur existence. En fonction de leur valeur opérationnelle, administrative, juridique, financière, archivistique, historique ou patrimoniale.

Associés à des dossiers d’activité, de personnes ou d’organismes, les documents ont toujours été classifiés et classés à des fins de conservation, de repérage, de consultation et d’utilisation au moment voulu par les personnes autorisées à y avoir accès au moyen d’instruments de description et de repérage.

La gestion du cycle de vie des dossiers, et par conséquent des documents qui les composent, a toujours été une problématique, les individus étant trop souvent laissés à eux-mêmes pour juger de la pertinence ou non de les conserver ou de les détruire. Avec comme conséquence une accumulation parfois vertigineuse des masses documentaires ou une perte irrémédiable d’éléments essentiels au fonctionnement et à la préservation des droits de l’organisation.

Aujourd’hui, les fonctions de gestion documentaire n’ont pas changé. Et si vous lisez ce blogue au cours des prochaines années, il en sera ainsi : les outils de création, de réception et d’expédition, les supports d’information, les outils de description ou d’indexation et de repérage, les interfaces de consultation, de partage et d’utilisation… permettent et permettront de dynamiser les processus. Et ils vont continuer d’évoluer. Mais il en restera toujours que dans les organisations, au quotidien, des dizaines, voire des centaines et même des milliers de documents « documentant » les activités de mission ou de gestion interne…

Michel Roberge

18 sept. 2014

944 - Les 7 problèmes majeurs d'une mauvaise gestion des documents

Voici, selon CMS Wire, les « 7 Pain Points For Doc Management » :


1. Content spread across disparate repositories
2. Five or more storage repositories
3. Poor mobility and ‘lost’ documents
4. File and Folder sprawl
5. Antiquated technology and widespread use of file servers
6. Inability to locate content
7. Under-use of Cloud storage

8 sept. 2014

940 - Les dix commandements pour une gestion maîtrisée des documents


Lu sur le site Web archives-loiret.fr , les recommandations suivantes pour bien maîtriser la gestion des documents :

1 - Des dossiers produits et reçus responsable tu seras.

2 - Dans ton bureau, les documents utiles à la gestion courante seulement tu conserveras.

3 - Les dossiers d'usage courant en ordre tu tiendras et trieras.

4 - Les bons réflexes tu adopteras.

5 - Dans un local sain et sécurisé, les documents devenus inutiles à la gestion quotidienne tu transféreras.

6 - Face à un problème les Archives départementales tu solliciteras.

7 - Chaque année, bordereau d'élimination tu prépareras et soumettras aux Archives départementales.

8 - À la destruction des documents dans les règles tu procéderas.

9 - Pour les documents à remettre aux Archives départementales un bordereau de versement tu établiras.

10 - Pour retrouver ce qui a été versé, le répertoire des documents tu consulteras.

18 août 2014

934 – La nouvelle version 2015 de la norme ISO 9001 et la gestion des documents d’activité

Lu sur le site ANFOR bivi – Qualité – Bibliothèque virtuelle documents et normes  cet avis d’Yvon Mougin à propos de l’impact de la version 2015 de la norme ISO 9001 :

« Il n'y a pas de changement majeur si ce n’est que la formalisation des bonnes pratiques n'est plus un des principes de base du management de la qualité, comme on l'a longtemps cru par le passé. De nombreux organismes avaient déjà compris ce changement et réduit la taille de leur système documentaire.

On nous avait expliqué au début des démarches qualité que celle-ci consistait à "Ecrire ce que l'on fait et faire ce que l'on a écrit". Cette époque est révolue et l'obtention de la conformité aux exigences des clients et les dynamiques d'amélioration continue ne peuvent plus être occasionnées par la seule formalisation des pratiques à tous niveaux. D'ailleurs, avant de passer à l'analyse des exigences de la norme en matière de gestion documentaire, on peut réfléchir à un préambule que l'on trouve dans la norme ISO 9000, laquelle est aussi révisée concomitamment à la norme 9001, qui explique dans les chapitres 2.2 « Concepts fondamentaux » et 2.2.1 « Qualité » :

« Les organismes axés sur la qualité adoptent une culture qui inspire et oriente le comportement, l'attitude, les actions et les processus afin de fournir de la valeur par la satisfaction des exigences des parties intéressées. »

Il s'agit bien là d'influer entre autres sur les comportements des personnels car aujourd'hui, on constate dans les organismes et notamment les organismes de services à la personne, par exemple, que l'attitude bientraitante (synonyme de qualité de service) ne peut être obtenue à coup de procédures. Il faut que les personnels comprennent leur mission, les besoins et attentes de leurs clients et qu'ils aient envie de les satisfaire.

Pour en revenir à la gestion documentaire, la nouvelle version ne parle plus de « documents » ou « d'enregistrements » mais d'informations documentées *** sans plus faire de distinguo entre les deux catégories. Cela n'enlève rien aux dispositions à mettre en œuvre pour maîtriser l'information documentée. Elles sont, dans l'esprit, identiques à celles de la version 2008. On constate néanmoins que le texte de 2015 est beaucoup plus réduit (28 lignes pour 37 dans la révision précédente), ce qui, symboliquement tout au moins, réduit l'importance de l'intérêt d'une gestion documentaire en regard du management des personnels. »

*** Encore un nouveau concept abscons ! Bizarre qu’il n’y a aucun arrimage avec les normes ISO 15489 et celles de la série 3030X sur les systèmes de gestion des documents d’activité. Existe-t-il une norme sur la normalisation du vocabulaire dans les normes ISO. Apparemment, les sous-comités travaillent en vase clos. Quoiqu'il en soit, on ne peut qu'applaudir pour l'abandon de la notion "d'enregistrements".

Michel Roberge

10 févr. 2014

866 - Solutions de gestion des documents sortants

MARKESS vient de publier une étude dédiée à la gestion des documents clients sortants dont la synthèse d'une quinzaine de pages est téléchargeable gratuitement. Ce document présente quelques‐uns des résultats de l'étude approfondie menée auprès de plus de 150 décideurs, métiers et informatiques, et de prestataires actifs sur le marché de la gestion des documents sortants :

« Papier ou numérique, le document est un maillon clé des échanges. Destiné à véhiculer des informations aux clients et prospects (contrats, avenants, factures, avis d’expédition, relevés de compte, polices d'assurance, enquêtes…), il est au cœur des relations commerciales et est un vecteur incontournable des stratégies de communications clients. Aussi, une gestion appropriée du document, depuis sa composition jusqu'à sa diffusion, est primordiale afin d'améliorer et d’optimiser les communications et relations avec les clients et, in fine, accroître les performances commerciales. »


Michel Roberge

20 nov. 2013

830 - Pour en finir avec l’expression « Records Management » (3/4)

Il y a 40 ans, Robert Garon, celui qui m’a enseigné les rudiments du métier que je pratique encore aujourd’hui, définissait dans ses cours les « Records » (par opposition aux « Archives » comme étant les « séries de documents et de dossiers issus des ministères et des organismes gouvernements du gouvernement Canadien (administration fédérale) créés dans le cadre de leurs activités (mission et gestion) » [extrait de mes notes de cours, été 1973]. Une vision anglophone qui se démarquait de celle proposée dans le Manuel d’archivistique français axé sur les archives, documents de conservation permanente. Pour appuyer son enseignement, il nous référait au premier manuel américain qu’un certain William Benedon, directeur des services administratifs à la Lockheed Martin Corporation,avait publié à New York, en 1969, chez Prentice-Hall et intitulé Records Management. À l’époque et pendant bon nombre d’années, la « bible » en la matière.

Il y a quelques jours, avec l’assistance de l’archiviste de l’Université Laval, Carole Saulnier (que je remercie), j’ai récupéré une copie de la page 258 du volume de Bill Benedon dont j’espérais qu’un exemplaire était toujours précieusement conservé dans cette institution où j’ai fait mes premières armes. 

Dans le lexique, on y trouve la définition de « Records ». Comme vous pourrez le constater, il n’est ni question d’enregistrements, de disques, de documents dit engageants…

« RECORDS (GRM) : Any paper, book, photograph, microfilm, map, drawing, chart, card, magnetic tape, or any copy or print-out thereof, that has been generated or received by a company or its operating units, and has been used by that company or its operating units or its successor as evidence of its activities or because of information contained therein ».

Deux mots sont importants dans cette définition proposée par l’auteur : « Any » et « Activities ». Le premier confirmant l’entièreté des documents et des dossiers d’une organisation qui doivent être pris en charge par le « Records Management ». Et le second... qui vient appuyer le choix d’ISO.

Un texte d’un autre siècle, me direz-vous. Je vous propose alors la vision d’Elizabeth Shepherd et Geoffrey Yeo, deux spécialistes britanniques en « Archives and Records Management ». Dans leur ouvrage Managing Records, publié en 2003 chez Facet publishing dans la foulée de l’adoption de la norme ISO 15489, les auteurs définissent ainsi « Record » et une « Activity » :

Record : « The essential characteristic of a record is that it provides evidence of some specific activity. […] Records provide evidence that can be used in any situation where proof of a particullar activity is required. » (p. 2)

Activité : « an action or set of actions undertaken by an individual, a group of individuals or a corporate body, or by employees or agents acting on its behalf, and resulting in a definable outcome ». (p. 2)

À la page suivante, ces deux spécialistes font le lien entre une activité et la création d’un « Record » : « Records are a product of organisational activité, created or received during of after completion of the activity itself. » (p.3)

Comme on peut le constater, ces définitions (Benedon + Shepherd et Yeo) sont englobantes. Elles rendent tout à fait inappropriées les notions d’ « enregistrements », de « documents engageants » et même d’ « archives » qui contribuent à la confusion dans la relation métier/client. Elles confortent le choix du sous-comité ISO/TC 46/SC 11 et donne toute la légitimité d’associer sous l’expression « Information et documentation – Gestion des documents d’activité » les normes actuelles et futures qui nous guident dans nos interventions professionnelles et qui nous assurent une plus grande crédibilité dans l’action. Aussi, une fois révisée, la norme 15489 pourra elle aussi porter un titre plus évocateur qui, je le rappelle a fait consensus auprès de 26 pays dont le Canada et la France. (À suivre)

Michel Roberge

19 nov. 2013

829 - Pour en finir avec l’expression « Records Management » (2/4)

Dans les années 80, au Québec, il n’existait aucun ouvrage en français sur le « Records Management ». Les professionnels québécois d’une spécialité en devenir employaient déjà l’expression « Gestion des documents » en complémentarité ou en opposition aux « Archives ». L’Association des archivistes du Québec (AAQ) était alors composée de deux sections : Gestion des documents et Archives. Ce qui reflétait la réalité de nos voisins du sud qui, depuis 1934, à Washington, distinguaient le « Records Management » de l’ « Archives Management ». Dichotomie qui se reflétait dans la National Archives and Records Services (NARS), une agence gouvernementale qui a publié entre autres, dans les années 70-80, un nombre important de brochures techniques sur différents aspects du « Records Management » : établissement de plans de classification [Classification Schemes] et de règles de conservation [Records Schedules], gestion du courrier, microfilmage des documents, protection des documents essentiels [Vital Records]... J’ai d'ailleurs conservé une collection de plusieurs de ces brochures qui m’ont appris les rudiments de mon métier.

En 1983, lors de la publication de mon premier livre sur le sujet, j’avais arrêté mon choix sur « La gestion des documents administratifs ». Avec le recul, ce qualificatif portait lui aussi à confusion laissant croire à tort que cette fonction ne s’intéressait qu’aux documents de gestion interne d’une organisation (gestion administrative, gestion des ressources – humaines, financières, informationnelles, matérielles et physiques –, gestion des communications et gestion des affaires juridiques) et laissait peu de place aux documents de mission relatifs aux domaines d’affaires propres à chaque organisme.

En 2010, lorsque le collègue Michel Cottin impliqué dans la rédaction des normes de la série 3030X et des livres blancs qui en découlent m’a demandé ce que je pensais de l’expression « Gestion des documents d’activité », j’ai immédiatement appuyé ce choix et décidé de l’intégrer dans mon vocabulaire professionnel. Mon seul regret : mon livre dur La gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologique publié un an plus tôt aurait dû s’intituler La gestion intégrée des documents d’activité (GIDA)… 

Dernièrement, un billet Marie-Anne Chabin critiquait sévèrement l’utilisation de l’expression « La gestion des documents d’activité » sur le blogue d’un collègue belge (Arnaud Hulsetaert) s’insurgeait contre la position de l’AFNOR d’appuyer ce choix : « une erreur de traduction », « une ineptie » et « un parasite dans les projets d’archivage » ! Piqué au vif, j’ai eu le réflexe de l’historien de formation que je suis de remonter jusqu’aux sources nord-américaines pour en finir, une fois pour toutes, avec la cooccurrence anglaise « Records Management ». (À suivre)

Michel Roberge

18 nov. 2013

828 - Pour en finir avec l’expression « Records Management » (1/4)

Lorsque l’Organisation internationale de normalisation ISO a publié en 2001 la version française de la norme 15489 sous le titre Information et documentation -- « Records Management », j’ai été déçu de constater que les membres francophones du sous-comité ISO/TC 46/SC 11 n’avaient pas proposé une dénomination propre à la Francophonie. Déçu, mais pas vraiment surpris, connaissant la propension de nos cousins français d’intégrer dans la langue de tous les jours des expressions anglaises. Ce qui choque toujours de l’autre côté de l’Atlantique, dans un Québec toujours à la recherche du mot juste de la langue de nos ancêtres.

En 2001, il semble qu’un certain nombre de nos collègues français ont fait la découverte du concept de « Records Management », eux qui ont brillé et ont grandement influencé les archivistes du monde entier dans les principes et les méthodes de gestion, de protection et d’exploitation des documents d’archives de conservation permanente. Avec en référence la normalisation australienne, cet éveil face à la nécessité de gérer les documents en amont des archives a généré un engouement croissant pour cette fonction essentielle à l’organisation, l’enregistrement, la conservation, l’utilisation et la gestion sécuritaire du cycle de vie des documents créés, reçus et expédiés de plus en plus en format technologique par les services publics et les entreprises.

Mais quelle satisfaction de constater une dizaine d’années plus tard la publication des normes de la série 3030X sous le titre Information et documentation -- Systèmes de gestion des documents d'activité et la nouvelle appellation du sous-comité ISO/TC 46/SC 11 (Archives/Gestion des documents d’activité) ! Un consensus de 26 pays qui en dit long et qui prévaut sur certaines opinions individuelles à la recherche d’expressions parfois vides de sens.

Car il faut bien le dire, depuis quelques années, des traductions simplistes, voire ridicules, sont proposées dans le milieu professionnel. Le meilleur exemple est certainement « La gestion des enregistrements ». Il dame le pion à « La gestion des disques » lancée par le traducteur d’un conférencier anglophone dans un congrès d’une association scientifique canadienne, il y a plusieurs années, qui avait d’ailleurs provoqué l’hilarité de la salle… « La gestion des enregistrements » est une expression tout aussi risible. Quant à la « Gestion des documents » ou la « Gestion documentaire » abondamment utilisées au Québec, ces appellations pêchent par leur manque de précision quant à l’objet de gestion.

Gestion des enregistrements -- On conviendra qu’on peut enregistrer n’importe quel type d’objet dans un registre : un document, un livre, une boîte de conserve, un citoyen qui vote à la mairie, un animal de compagnie auprès des autorités…

Document -- En soi, le terme est trop vague étant donné que l’objet se définit comme étant de l’information portée par un support quelconque (principalement papier ou support technologique) : on pourrait avoir affaire à des documents « d’activité », mais aussi à des livres, des dévédés de films commerciaux, des cédéroms de musique, des œuvres d’art et des pièces muséologiques… Il en est ainsi pour la « gestion documentaire ». Pour bien refléter avec précision le champ d’action du « Records Management », il est essentiel de qualifier les « documents ». (À suivre)

Michel Roberge

6 nov. 2013

821 - La gestion du cycle de vie du patrimoine documentaire des entreprises

Si j'étais chargé d'un cours de niveau universitaire portant sur les systèmes de gestion intégrée des documents d’activité, voici une des premières lectures que je proposerais à mes étudiants, futurs intervenants concepteurs d'outils de gestion documentaire mais surtout formateurs et accompagnateurs des utilisateurs des documents en organisation afin de les sensibiliser d'abord à une réalité, celle du secteur privé : « Le patrimoine immatériel des entreprises : de la protection à la pérennité », un excellent texte de Cédric Sylvestre, directeur de Numen Digital et publié sur le site Web de ITRnews.com.

Pour vous mettre en appétit, j’en cite quelques extraits :

« La notion de « patrimoine » est porteuse d’une double idée. Elle concerne, d’une part, les biens qui ont de la valeur, et d’autre part les biens qui ont une durée de vie supérieure à une génération [soit] tous les biens qui ne sont pas des actifs matériels, à savoir les informations, les engagements, les titres, les actes, etc.

Appliqué aux entreprises, le ‘’ patrimoine immatériel ‘’ est donc composé de pièces portant des engagements commerciaux, juridiques, réglementaires, mais également des éléments de propriété intellectuelle comme les cahiers de recherche, les marques, les brevets, etc. »

Et l’auteur de constater que dans les entreprises, ce patrimoine « est souvent mal identifié, et le fonds documentaire mal valorisé, limité au classement et à l’archivage classique de métadonnées. Pourtant, la numérisation des fonds documentaires hétérogènes constitue une opportunité concrète et efficace d’agréger, d’unifier, de partager et de protéger ce patrimoine. »

La réflexion se poursuit sur quatre principaux enjeux relatifs à la protection du patrimoine documentaire des entreprises :

  • protéger le patrimoine de recherche et développement ;
  • protéger le fonds de commerce de l’entreprise : « les relations contractuelles qu’elle entretient avec ses clients, ses partenaires, ses fournisseurs ; les bons de commandes qui l’engagent, les garanties qui la protègent, les contrats qu’elle doit faire respecter, etc. »
  • protéger « le patrimoine informationnel concernant la vie sociale de l’entreprise : sa comptabilité informatisée, sa relation avec l’expert comptable, avec le réviseur des comptes, ses registres légaux, sans oublier les exigences supplémentaires du fait d’une cotation boursière. »
  • protéger la conformité de l’entreprise avec les lois et les règlements : « Si un établissement n’est plus en capacité de démontrer l’application stricte de ces cadres réglementaires, il s’expose à des risques financiers évidents. »
L’article se poursuit sur les avantages de la transformation des documents en format papier en images numériques, rendant accessible une base informationnelle « aussi facilement que via un moteur de recherche sur Internet   [avec] la capacité à agréger des documents hétérogènes. Ce qui hier posait des problèmes de gestion de formats duals – renforcés par la multiplication des informations naissant au format numérique natif (télé-déclaration mail, comptabilité informatisée) ».

Et Cédric Sylvestre d’ajouter que le « record management permet ainsi d’intégrer la capture et le versement au fil de l’eau des nouvelles pièces produites, rendant plus aisé la valorisation de ses droits d’antériorité et la consolidation du patrimoine ancien avec des éléments plus récents. »

L’article se termine sur des considérations relatives à la nécessité de gérer le cycle de vie des documents : « Lorsque l’entreprise se place dans le projet de traitement complet du cycle de vie des documents, elle se dote des moyens pour gérer, tracer et protéger efficacement ses flux sortants, entrants et circulants. Elle renforce ainsi la conformité de ces traitements.
»

Michel Roberge

27 sept. 2013

800 - Cent questions pour comprendre et agir sur la gestion documentaire

L’AFNOR a récemment publié cet ouvrage signé par Olivier Boutou dont je reproduis la notice descriptive diffusée sur le blogue ged-entreprise :

« Dans ce monde où l'information est omniprésente et de nature de plus en plus complexe, le chef d'entreprise se voit confronté à un des défis les plus importants quant à la survie et au développement de son organisation : la gestion stratégique de l'information. Qu'il s'agisse de la collecte de données en provenance de l'environnement externe ou au sein même de l'entreprise, l'accès rapide à l'information ne peut se concevoir que dans la mesure où l'organisation a développé un processus structuré de veille, de mise en forme, de stockage, d'accès et de renouvellement de l'information. Cet ouvrage a pour objectif de faciliter la mise en place d'un système documentaire, au sein des organisations, en répondant aux interrogations suivantes : 

  • Qu'est-ce que la règle des «3 U» ? 
  • Quels sont les écueils à éviter à certaines étapes du cycle de vie d'un document ? 
  • Qu'exige l'ISO 9001 pour le manuel qualité ? 
  • Comment prouver la réalisation de la veille réglementaire et normative ? 
  • Comment planifier l'élaboration d'un système documentaire ? 
  • Quelle structure adopter pour votre manuel qualité ?
  • Comment optimiser le volume des documents ? 
  • Zéro papier : rêve ou réalité ? »

 Michel Roberge

16 sept. 2013

792 - Dix leçons pour mieux gérer les risques pour l'information

Voici quelques conseils prodigués aux entreprises par Marc Delhaie, président directeur-général d’Iron Mountain France quant à la gestion des risques liés à une gestion déficiente de leur information (publié sur le site Web esechos.fr) :

  1. Il est tout aussi important de suivre une stratégie que de ‘faire le job’.
  2. La prudence est de mise vis-à-vis des employés et de leur manière de gérer l’information.
  3. S’il y a un risque que les choses tournent mal, mieux vaut s’y préparer.
  4. Il faut contrôler l’efficacité des mesures en place.
  5. La gestion des risques pour l’information doit être une priorité de la direction.
  6. Chaque employé doit être sensibilisé à la nécessité de réduire les risques pour l’information.
  7. L’environnement de l’information, complexe et hybride, va perdurer.
  8. Il est temps de mieux définir les frontières entre pratiques personnelles/professionnelles des médias sociaux.
  9. Les préjudices financiers ne sont pas les seuls. C’est votre réputation qui risque le plus de pâtir d’une violation de données.
  10. La gestion des risques prévaut sur les économies.


À intégrer dans un argumentaire pour la conception, le développement, le déploiement et la maintenance d’un système de gestion intégrée des documents d’activité.


Michel Roberge

12 sept. 2013

Flash Info : Nouvelle publication sur la gestion des documents d’activité de l’Association des archivistes suisses

L’Association des archivistes suisses vient de mettre en ligne, sur son site Web, un Cadre de référence de Records Management, « une collection de documents utilisés lors de l’introduction du Records Management dans diverses organisations publiques et privées. […] une présentation structurée permettant la comparaison et la consultation de documents dans le cadre d’un processus d’implémentation spécifique. »

Cet outil « contient actuellement plus de 100 outils (qui ne sont pas forcément publiés) et exemples de bonnes pratiques provenant d’une douzaine d’organisations. »

Voici les liens pour y naviguer :





Une initiative à souligner et à imiter.


Michel Roberge