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5 nov. 2013

820 - La préservation des œuvres originales d’un auteur : le geste de François Schuiten

En mai 2013. François Schuiten, auteur avec Benoît Peeters de L’archiviste (dans la série des Cités obscures) dont j’avais parlé lors de la publication de mon billet 22 a « fait don de la quasi-totalité de ses planches à la Bibliothèque nationale de France, à la Fondation du roi Baudoin et au Musée de la bande dessinée d’Angoulême ». (source : site Web Les échos) Et pour une excellente raison :

De nombreux livres sont en danger […]. Les planches originales disparaissent ou sont vendues et les supports sur lesquels elles sont stockées se détériorent. On perd les originaux et on n’a pas de copie de bonne qualité. Je ne sais pas si en 2050 on voudra encore de mes livres. Mais si quelqu’un les veut, il faudra pouvoir les rééditer. En papier comme en numérique. »
Un geste pour « préserver [un] héritage qu’un jour certains chercheront peut-être à faire fructifier ».

Michel Roberge

6 mars 2013

694 - Un élément du patrimoine archivistique québécois… en vente sur eBay


S’agit-il d’un document authentique ou d’un faux? Ou d'une autre version de la main de l'auteur? Toujours est-il qu’il est étonnant de constater qu’un manuscrit du  poème le Vaisseau d'or » d'Émile Nelligan est offert à l’encan sur eBay, l’identité du vendeur étant inconnue.

Selon la nouvelle publiée sur le site de Radio-Canada, le « ministère de la Culture [du Québec] qualifie la vente d'un tel document sur eBay de cas exceptionnel. » On ajoute que « Québec étudie la situation avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec et le Musée de la civilisation. »

Si le document est authentique, souhaitons que l’étude de la situation sera terminée avant la fin des enchères. Sinon, encore une fois, une partie de notre mémoire collective nous sera subtilisée.

Michel Roberge

18 juin 2012

573 – Petit guide pour défendre les intérêts des archives

Le Conseil canadien des archives (CCA) a mis en ligne, en mai 2012, un petit guide afin de sensibiliser les députés sur les conséquences de l’abolition du Programme national de développement des archives (PNDA). Il recommande de leur présenter des « histoires personnelles […] qui frappent davantage l’imagination ». On y prodigue « quelques conseils pratiques pour la rencontre avec votre député » : comment trouver votre député, demander une rencontre, démarche pour le sensibiliser, comment se comporter en cours de rencontre, comment conclure la rencontre et en assurer le suivi.

Un vade-mecum pour faire passer son message auprès des élus qui, pour la plupart, n’ont aucune idée de l’existence et de l’importance des archives pour une collectivité.

Michel Roberge

16 avr. 2012

542 – La technologie et le virtuel ne font définitivement pas le poids!

Une image vaut mille mots. Je vous invite à admirer ces deux photos pour le constater.



Un bon ami catalan, Quim Borràs (le deuxième à gauche sur la photo du bas), lançait, il y a quelques jours, un livre intitulé Arxius Municipals de Districte de Barcelona, 20 anys dans la Saló de Cent de la Casa de la Ciutat de Barcelone. À couper le souffle!

Heureusement, il reste encore des trésors d'une richesse inimaginable dans un monde où la dématérialisation revient comme un leitmotiv obsédant.

Michel Roberge

14 mars 2012

528 - Priorités budgétaires : faire la guerre ou sauvegarder la mosaïque mémorielle d’une société?

Plutôt inquiétant ce qui se passe à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) : une remise en cause de l’institution dans un contexte de coupures gouvernementales qui risque d’affecter dramatiquement les différents domaines de la culture. BAC ne conservera désormais que « ce qui concerne le Canada, la société canadienne », dixit Daniel Caron, administrateur général de l’institution qui procède actuellement à la fermeture d’un certain nombre de centres fédéraux de documents semi-actifs. Coupures budgétaires oblige, mais surtout pas dans les sommes allouées pour des avions de chasse dernier cri.

Autrefois on faisait référence à l’Archiviste national du Canada, un poste de prestige équivalant à celui des Archives nationales du Canada (entité dont la dénomination a été effacée de la mémoire des canadiens, comme au Québec d'ailleurs), mais aujourd’hui on doit s’adresser à un bureaucrate, un administrateur qui s’emploie à redéfinir une politique d’acquisition qui, selon ses propres dires, prendra des années à s’élaborer. Ce long délai s'explique probablement parce qu’on marche sur des œufs lorsqu’on essaie de définir la « culture canadienne ».

Personnellement je me demande comment interpréter cette affirmation de l'administrateur Caron dans le contexte du dépôt légal de publications. Mon dernier livre sur Le schéma de classification hiérarchique des documents administratifs (déposé légalement en 2011 auprès de BAC, comme de BAnQ), a-t-il été considéré comme un ouvrage « qui concerne le Canada, la société canadienne » ou a-t-il été déposé à mon insu dans un « BAC » de recyclage?

Quant aux donateurs d’archives privées (le 10 % d’acquisitions discrétionnaires – bel exemple de langue de bois bureaucratique), ils sont laissés dans l’ignorance de ce qu’il adviendra de leur mémoire consignée dans les documents de toute une vie. À preuve, l’actrice Madame Rita Lafontaine qui attend toujours la décision de ceux-là mêmes qui se réjouissaient, en 2009, du don de ses archives n’est pas unique. Je connais un autre québécois, l’auteur et ethnologue Michel Noël qui lui aussi a remis ses archives riches sur l’histoire des autochtones et attend, depuis 2009 (une année charnière dans l’histoire administrative de BAC, semble-t-il), ce qu’il adviendra des dizaines de boîtes que le personnel de BAC s’était empressé de transférer à Ottawa. Et il y en a certainement d'autres qui gagneraient à se manifester.

En 2011, l’Association canadienne des professeures et professeurs d'université a mis en ligne un cri du cœur : Sauvons Bibliothèque et Archives Canada. Il y est possible de transmettre son opinion auprès de BAC. Pour sa part, à ma connaissance, la communauté archivistique ne semble pas ému par ces faits troublants qui devraient toucher ses membres au plus profond de leurs convictions professionnelles. Il est vrai qu'il est difficile de montrer les dents à la main qui nourrit! Mais si le politique use de l'argument financier pour orienter le choix des documents à conserver dans les archives d'une société, c'est la neutralité de la profession d'archiviste qui est attaquée de plein front. Beaux problèmes d'éthique en vue.

En conclusion, si rien ne bouge, peut-être que tous les donateurs québécois d’archives qui avaient mis leur confiance envers l’institution nationale canadienne devraient demander un rapatriement de leurs biens culturels au Québec! À moins que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ne manifeste aucune réceptivité. Ce serait alors bien triste pour le futur de la mémoire des Québécois.

Michel Roberge

29 avr. 2011

420 - De l’éparpillement des mémoires nationales




Lu dans Le jaguar sur les toits (polar de François Arango, Paris : Éditions Métaillé, 2011), page 28 :

« Dans un coin de la salle, une armoire cadenassée et climatisée hébergeait les volumes les plus précieux. […] Seuls quelques originaux comme le Codex Colombino ou le Manuscrit Ramirez, un manuscrit náhuatl redécouvert au siècle dernier, y figuraient encore. Car le reste, après expertise ou restauration, avait rejoint les musées aux quatre horizons du monde. Cet éparpillement de la mémoire, Findley, Catarina et les autres ne pouvaient le digérer. Pour ces manuscrits, des collections de répliques microfilmées avaient été accumulées dans les sous-sols. Mais les joyaux, les vrais, l’Histoire des Indes de Durán, les codex prestigieux, Borgia, Azcatitlan, Mendoza, Peresianus, ceux-là dormaient à la Vaticane, à Liverpool ; ils végétaient dans les bibliothèques nationales et les musées de Paris, Dresde, Oxford ou Madrid, et même aux États-Unis. À des lieues, des années-lumière du sol qui les avait vus naître.

Catarina Marín savait tout cela. Elle avait pris part aux luttes pour rapatrier ces trésors confisqués par l’Histoire. Mais cette nuit, son défi était d’un autre ordre.
»

Michel Roberge

27 avr. 2011

418 - Des documents sur la Nouvelle-France à Library of Congress

Dans un article signé par Didier Fessou dans le journal Le Soleil de Québec intitulé Champlain sous la loupe de Fischer, le journaliste mentionne que pour « écrire Le rêve de Champlain, David Hackett Fischer a fait de nombreuses recherches. Aux États-Unis, d'abord. En particulier à la Division des manuscrits de la Bibliothèque du Congrès où il a eu accès à une vaste collection de manuscrits sur Champlain et la Nouvelle-France. Il a pu y étudier la seule carte manuscrite de Champlain qui subsiste aujourd'hui. »

Encore une partie de notre patrimoine national conservé à l’extérieur de nos frontières!

Michel Roberge