23 déc. 2011

500 - Une offre difficile à refuser, dans les circonstances...

Il y a des offres qui nous arrivent sur un plateau d’argent, tel un cadeau du Ciel! En voici une que je ne pouvais décliner.

Tout a commencé le 9 décembre dernier. J’ai reçu un appel téléphonique provenant de Rovaniemi, au nord de la Finlande, m’enjoignant de me rendre de toute urgence, en Scandinavie, le 23. Je recevais quelques minutes plus tard, par télécopieur, un projet de contrat accompagné de billets d’avion électroniques ainsi que d’une déclaration de confidentialité avec un embargo pour ne rien dévoiler avant le 23 décembre.

Au moment de la publication de ce billet, le 23 décembre à 7 h (heure du Québec), je suis en route vers la Laponie pour réaliser un mandat rêvé : concevoir, développer et amorcer le déploiement du système de gestion intégrée des documents (GID) d’une multinationale qui croule depuis plusieurs centaines d’années sous une quantité phénoménale de documents et de dossiers en format papier. Et qui est confrontée, depuis la dernière décennie à des millions de documents technologiques. Très classique comme situation.

Ma mission consiste, dans un premier temps, à procéder, dès mon arrivée, à la définition avec le dirigeant et ses gestionnaires d’une approche conceptuelle et opérationnelle du système de gestion documentaire souhaité. Puis à traduire le tout dans une politique qui devra être adoptée au plus tard le 24 décembre, quelques heures avant les activités festives de Noël. Le délai est court, mais la volonté du dirigeant étant déjà affirmée, je profiterai donc de cette rare opportunité.

Je logerai à l’Hotelli Pohjanhovi Rantasipi (4 étoiles) et je célébrerai Noël dans un décor mythique. Je pourrai visiter la région pendant le week-end. Mon contrat prévoit que dès le 28 décembre, je devrai proposer un projet de schéma de classification à partir des informations que j’ai demandées et que j’ai déjà en main depuis le 15 décembre. À ma demande express, un groupe de validation a déjà été formé et la seule et unique rencontre avec les représentants des principaux secteurs de l’entreprise est prévue pour le 30 au matin. L’avant-projet de schéma leur a déjà été transmis par voies électroniques le 19 décembre. Ce schéma permettra de structurer et de normaliser l’identification des dossiers du domaine d’affaires (commandes, inventaire, production, distribution…) et de ceux de la gestion interne (gestion administrative et des ressources). Il faut absolument respecter les délais très courts imposés par le dirigeant qui doit quitter Rovaniemi, dans la première semaine de janvier, pour se rendre à sa résidence secondaire de Kiritimati, un atoll du Pacifique. Avec des principes directeurs clairement énoncés, des outils de développement performants et une méthodologie structurée et efficace, les résultats seront au rendez-vous. Je ne peux décevoir cet entrepreneur très exigeant.

Une fois le schéma de classification approuvé, le 31 décembre, je devrai y intégrer des règles de conservation pour la gestion du cycle de vie des dossiers et des documents en prenant bien soin d’identifier les unités administratives détentrices des exemplaires principaux ainsi que les séries documentaires essentielles à protéger en cas de sinistre ou confidentielles (particulièrement celles relatives aux secrets de fabrications des produits livrés chaque année et à ceux qui concernent la réalisation des activités exclusives de cette entreprise). Une grande partie de la recherche par les services juridiques de l’entreprise a déjà été réalisée à ma demande. Je n’aurai cependant pas le choix de travailler le 1er l’An, mais on me promet un passage inoubliable à l’année 2012. Les durées de conservation ainsi que le sort final de l’ensemble des séries documentaires doivent être approuvés par la direction le 2 janvier, la veille du départ du dirigeant pour le Sud.

Les quelques jours qui me resteront avant mon retour au Québec seront consacrés à la formation d’un premier groupe d’employés de l’organisation et à amorcer le démarrage du déploiement du système. Le défi est de taille : la réorganisation des documents et des dossiers utiles pour la réalisation des activités qui culmineront en décembre 2012 et le traitement de centaines de milliers de boîtes de dossiers semi-actifs et inactifs entreposées dans différents sites : à Rovaniemi d’abord, ensuite sur l’île de Kiritimati, mais aussi, entre autres, à Korvatunturi (Finlande), à Stockholm, au Groenland, en Turquie (dans la région d'Antalya), en Alaska et même au Canada (dans les Territoires du Nord-Ouest et au Québec, au nord de Montréal). Un meilleur système de suivi des projets de production et de livraison ainsi que des commandes qui sont, en grande partie, acheminées par courrier traditionnel, mais de plus en plus par courriel, sera lié à la solution logicielle de GID. Après mon départ, grâce à l’utilisation d’un système de téléconférences, je serai en mesure de superviser à distance l’ensemble du déploiement des nouveaux processus d’affaires.

Toutefois, quelques minutes avant mon départ ce matin de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec, j’ai reçu un appel sur mon téléphone cellulaire : pour me remercier pour ma disponibilité pendant la période de Fêtes, l’entreprise m’annonce qu’elle met à ma disposition une résidence sur l’île de Kirimati jusqu’à la fin de l’hiver, si je le souhaite, à partir de laquelle je pourrai compléter mon mandat. Si je réussis à respecter l’échéancier qui m’est imposé à Rovaniemi, il me sera très difficile de décliner l’invitation de ce dirigeant d'entreprise qui rayonne à l'échelle planétaire et dont la biographie est imposante.

Au moment où je m’apprêtais à franchir la guérite pour prendre place dans le Dash 8-300 d’Air Canada Jazz, mon radio-réveil m’a brusquement ramené à la réalisé avec les paroles fort à propos du groupe québécois Beau Dommage : « 23 décembre, Joyeux Noël! Monsieur Côté, Salut Ti-cul, on se reverra le 7 janvier. »




Je vous souhaite de très Joyeuses Fêtes à toutes et à tous et vous prie de recevoir mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Où que je sois sur la planète ;-), mon 501e billet sera publié le 9 janvier.

Michel Roberge

22 déc. 2011

499 - Les billets les plus lus depuis 2008

À la veille de la publication de mon 500e billet, voici dans l'ordre décroissant le palmarès des cinq textes les plus consultés sur près de 72 000 pages vues depuis novembre 2008 :

309 – Datation et analyse de l’encre 15 sept. 2010 - 1018 Pages vues
123 – Laissons passer les clowns 5 juin 2009 - 932 Pages vues
319 – La taille des cédéroms : une exigence de Beethoven 1 oct. 2010 - 882 Pages vues
317 – Une disquette comme élément de preuve de la de la tenue d'une rencontre 28 sept. 2010 - 799 Pages vues
454 – Il était une fois... les technologies du passé 13 juil. 2011 - 518 Pages vues

Merci pour vos visites assidues.

Michel Roberge

21 déc. 2011

498 - Je vous présente Ted, Records Manager

En toute amitié avec mes collègues à la recherche du sens à donner du mot « records » dans l’expression « Records Management », écoutons ensemble les arguments de Ted, Records Manager chez Big Fat Enterprises :



Michel Roberge

19 déc. 2011

Hors série : Un anniversaire dans le paysage de la GID






497 - Du déjà vu!

Lu dans La Princesse des glaces de Camilla Läckberg (Paris : Actes Sud, 2008) page 119.

« Comme toujours, [l’inspecteur Patrick Hedström] fut étonné de voir comment un homme qui ne faisait absolument rien pouvait accumuler une telle quantité de documents. Mellberg avait de la paperasse sur toutes les surfaces libres autour de lui. Sur le rebord de la fenêtre, sur toutes les chaises et surtout sur le bureau, les dossiers s’empilaient, recouverts d’une couche de poussière. Les étagères derrière le commissaire ployaient sous le poids des classeurs et Patrick se demandait depuis quand ces documents n’avaient pas vu la lumière du jour. »

Ces quelques lignes m’on fait sourire car elles me rappellent une visite, il y a quelques années, dans un bureau d’architectes de la région de Montréal…

Michel Roberge

16 déc. 2011

496 - Des propos qui me laissent profondément perplexe...

« …la gestion des documents et des archives au Québec ne représente plus comme avant un modèle pour les archivistes des autres pays ».

Cette courte phrase publiée sur le blogue d’un collègue québécois qui enseigne à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l'Université de Montréal m’inquiète, si elle est fondée. J’aimerais bien qu’on m’explique ce qui a bien pu se passer pour qu’on puisse étayer une telle affirmation.

Michel Roberge

14 déc. 2011

495 - Gouvernance documentaire 101 - Leçon numéro 10

La transmission des savoirs et des savoir-faire

Dans un plan de gouvernance documentaire, l’acquisition de compétences dans la gestion des documents en format papier et technologiques des utilisateurs des documents est cruciale pour assurer la pérennité du système mis en place. La transmission des connaissances fondamentales et surtout de la manière de les mettre à profit sont un gage de succès. Avant et pendant le déploiement initial des outils techniques (schéma de classification et règles de conservation) et technologiques (solutions logicielles) pour l’identification, l’enregistrement et la gestion du cycle de vie des unités documentaires. Mais aussi (et surtout) par la suite afin d’assurer un soutien proactif des utilisateurs du système et d’intégrer les nouveaux personnels.

Il est donc essentiel de planifier, en début de projet, la sensibilisation initiale de l’ensemble des ressources humaines (tous niveaux d’emplois confondus) de l’organisation, d’établir un plan de communication continue, d’élaborer des syllabus de formation qui tiennent compte des rôles respectifs dans l’utilisation du système (personnes qui alimentent le système vs celles qui qu’exploitent). Des audits ponctuels doivent permettre d’évaluer les résultats obtenus dans les différentes opérations de transmission des savoirs et des savoir-faire dans le but d’y apporter les ajustements requis en fonction des besoins exprimés et de l’évolution de l’environnement du système.

Michel Roberge

12 déc. 2011

494 - Faut-il en rire ou en pleurer?

Lu récemment sur le Web :

- La GED est « un processus de finalité qui découle du cycle de vie du document ».
- La reconnaissance optique des caractères « réalise beaucoup moins que l'être humain qui, lui, exécute, en plus de la reconnaissance, la compréhension du message, sa mémorisation, voire son analyse critique dans un seul temps ».
- Un progiciel de gestion documentaire « doit être manipulé de manière à répondre aux besoins de l’organisation ».
- Un calendrier de conservation permet « d’augmenter le contrôle sur les documents en maximisant les informations de repérage ».

Comme disait Nicolas Boileau, dans L'Art poétique, en 1674 : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »!

Michel Roberge

9 déc. 2011

493 - Signature et archivage des documents sortants

Voici un autre texte intéressant d’un collègue belge, Arnaud Hulstaert, relatif à l’importance ou non de la signature apposée ou liée à un document en format papier ou technologique et de la date d’expédition d’un document, le tout dans l’environnement légal et réglementaire de la Belgique.

Michel Roberge

7 déc. 2011

492 – Gouvernance documentaire 101 – Leçon numéro 9

Le plan de gouvernance documentaire

Une organisation qui souhaite redresser ou mettre à niveau ses processus de gestion documentaire afin de mieux intégrer les documents technologiques à ceux en disponibles en format papier a avantage à établir un plan de gouvernance documentaire réparti sur quelques années.

Cette démarche repose d’abord sur une recension des attentes des décideurs et des gestionnaires. Elle exige une prise de connaissance de l’environnement organisationnel, humain, technologique, légal et réglementaire et une qualification des outils techniques et technologiques déjà existants. Il est aussi important, à cette étape qui vise à définir la portée du projet, de partager une définition commune du concept de gestion intégrée des documents (GID).

L’établissement d’un diagnostic s’ensuit afin d’évaluer les processus actuels de gestion des dossiers (en format papier, technologiques ou hybrides). Une attention particulière doit aussi être portée sur les pratiques de gestion de tous les types de documents technologiques : fichiers de bureautique, courriels, copies de sécurité… Sans oublier les mesures de protection appliquées ou non pour la gestion des documents essentiels ou confidentiels et des documents qui contiennent des renseignements personnels. En confrontant les façons de faire actuelles et leur degré de conformité avec les lois et les bonnes pratiques du métier, une recension des risques potentiels est alors possible.

L’étape suivante consiste à dresser la liste des cibles à atteindre, à identifier les actions à réaliser et à établir les principes de gouvernance à mettre en application. Il en découle un plan de match appuyé par un échéancier de réalisation et une évaluation des efforts et des investissements financiers nécessaires à la mise en application du projet.

En procédant ainsi, l’organisation dispose d’un plan d’action dont les coûts de réalisation reposent sur des données précises eu égard aux besoins et aux activités à réaliser pour les combler. Une attention particulière doit être portée sur l’aspect humain (gestion du changement) de la démarche qui doit être privilégié sur la place occupée par les solutions techniques et technologiques. Celles-ci devant toutefois être de qualité supérieure et ne pas excéder les besoins réels.

À suivre : La transmisssion des savoirs et des savoir-faire

Michel Roberge

6 déc. 2011

Hors série - EXODESK : Un bureau tactile québécois

Le rêve que plusieurs partagent très certainement de feuilleter et de consulter un dossier technologique sur une surface horizontale est en voie de se concrétiser. Les créateur de la tablette tactile EXOPC de Rimouski vont offrir, en 2012, une table tactile électronique composée d'un écran de 40 pouces inspirée d’un projet de 2007 de Microsoft avec la table Surface : l'EXODESK. Le produit sera d'ailleurs présenté au prochain Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas.



De plus en plus intéressant pour le futur de la gestion intégrée des documents (GID).

Michel Roberge

5 déc. 2011

491 - The Problem with Records Management

Une collègue de Montréal, membre de l’ARMA, a attiré mon attention sur cet article publié en octobre dernier par Cheryl McKinnon sur le site Web cmswire.com avec lequel je suis en plein accord. Je me permets donc de vous en citer deux extraits qui méritent réflexion :

« There is a sense of frustration in the records management profession. An informal show of hands in a session on professional education at the recent ARMA conference showed that most of the attendees had college or university degrees in library sciences or archival studies. Few had degrees in business or technology.

The problem? Records management in the 21st century is all about business and technology. Over the last generation a disconnect has developed between the skills developed and the skills needed to be a successful, strategic manager of corporate records. The self-described “control freaks” of the content management world are finding it difficult to flourish in the social, mobile, collaborative business of 2011. »

[…]

« The records management profession has historically attracted the librarians, the cataloguers, the filers. In the paraphrased words of one workshop participant, “We gravitated to this line of work because we like the quiet of the back-office.” Years of advice to be more strategic, market yourself, evangelize the value of records, sell the importance of the department does not seem to have its intended result. Perhaps because it's not easy to convert an introvert into an extrovert. »

Il y a de quoi ébranler les colonnes du temple de l’archivistique dite moderne!

Michel Roberge

2 déc. 2011

490 – Critères d’embauche d’un(e) professeur(e) en « archivistique »

Je lisais dernièrement sur le Web qu'une université québécoise était à la recherche d’un(e) professeur(e) pour l’enseignement « aux trois cycles dans les programmes d’archivistique » qui aurait le profil suivant : « posséder un Doctorat […] en archivistique ou en histoire ou en sciences de l’information ou dans une autre discipline avec une spécialisation sur une problématique archivistique » et « en Records Management ou en gestion des archives définitives »; de plus, « la maîtrise des aspects théoriques et pratiques des problématiques de gestion des documents numériques serait un atout ».

Ce descriptif des compétences recherchées m'interpelle d'un point de vue purement professionnel et je ne peux m'empêcher de réagir.

Je suis étonné de noter qu’aucune expérience pratique du métier n’est requise pour se qualifier : un incontournable, il me semble, afin de former de futurs intervenants du métier aguerris à la réalité sur le terrain. D'ailleurs, je serais curieux d’en savoir davantage sur les tenants et aboutissants d’un « doctorat dans une autre discipline avec une spécialisation sur une problématique archivistique ». Comme on dit au Québec : « De quoi ça mange en hiver? »

De plus, comme cette institution est francophone, je m’étonne qu’on utilise l’expression anglaise « Records Management » [mon correcteur orthographique ne cesse de me le rappeler] alors que la normalisation ISO (série 30300) parle de « gestion des documents d’activité » : une belle occasion ratée de s’ajuster au vocabulaire international.

Même étonnement, question de rigueur, à propos de la mention « documents numériques » alors que l’environnement légal québécois fait référence, depuis 2003, aux « documents technologiques » pour qualifier les documents « sur des supports faisant appel aux technologies de l'information ». À ce titre, en 2011, la « maîtrise […] des pratiques en gestion des documents numériques » devrait d'ailleurs être une exigence obligatoire et non seulement un atout comme celles en gestion des organisations.

Enfin, l’énoncé qui oppose le « Records Management » à la « gestion des archives définitives » me fait sourire : il s’agit peut-être là d’un bel exemple de « problématique archivistique » qui confirmerait qu’on est en présence de deux métiers!

Michel Roberge

1 déc. 2011

Hors série : Aider le Père Noël à choisir...

Si vous êtes comme moi et que vous espérez que le Père Noël vous apporte, dans la nuit du 24 décembre, une tablette de lecture qui répond pleinement à vos besoins, faites-lui parvenir la référence à cet article du site Tablette tactile.net qui présente un tableau comparatif de 23 produits disponibles sur le marché.

Et croisez les doigts.

Michel Roberge