30 avr. 2010

262 - La rémunération d’un archiviste en 1838

Lu sur le forum archives-fr cette anecdote rapportée par le Directeur des archives départementalesde la Haute-Saône, monsieur Georges Rech, et consignée « dans le registre des délibérations du conseil général de la Haute-Saône de 1838 : à propos d'une demande d'augmentation du traitement de l'archiviste départemental, à laquelle rechigne un conseiller général (en raison du "danger qu'il y a de voir s'augmenter chaque année le chiffre des appointements"), le préfet défend la demande au "motif que l'importance des fonctions de l'archiviste doit influer sur l'élévation de son traitement, surtout à cause la responsabilité qu'il encourt". Une autre époque... »

Michel Roberge

28 avr. 2010

261 - Sony cesse la vente des disquettes 3.5 pouces!

Lu sur Le carnet techno de Bruno Guglielminetti, référencé par un collègue de travail, Martin Pelletier. Qui l’eut cru? Sony fabriquait encore des disquettes de 3,5 pouces. Une pièce archéologique des TI des années 80. Et le plus étonnant, il semble qu’alors que « Sony cesse immédiatement la vente des disquettes à travers le monde […] elle poursuivra [sa distribution] encore pour un petit moment pour l'Inde et cessera la vente de la disquette en mars 2011 au Japon. »

Michel Roberge

26 avr. 2010

260 – Des courriels qui refont surface

Dans le cadre de conférences ou d’activités de formation sur la Gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques, j’insiste sur le fait qu’il faut s’assurer de conserver ou d’éliminer sur la base de règles de conservations officielles et approuvées, qui tiennent compte des besoins de l’organisation et des exigences légales et réglementaires afin de protéger l’organisation. Et l’exemple que j’aime bien utiliser est celui des courriels qu’on peut retrouver dans plusieurs silos d’information numérique et dont le contenu peut réapparaître au moment où on s’y attend le moins. Or, voici un exemple très éloquent rapporté par l’Agence France-Presse à propos de courriels qui révèleraient « des conflits d’intérêts chez les agences de notation […] chargées d’évaluer des titres obligataires adossés à des prêts hypothécaires », objet de la crise qui a touché une bonne partie de la planète.

Dans un rapport du Permanent subcommittee of Investigations du Sénat américain, on fait mention de courriels « qui remontent à 2004, bien avant la crise, [qui] montrent les pressions qu’exerçaient les commerciaux des agences sur les analystes qui notaient les émissions de titres obligataires de leurs clients, et la très forme concurrence entre les Agences. »

Par exemple, ce courriel de mai 2004 : « … nous venons de perdre une grosse transaction face à Moody’s. […] Perdre ainsi un ou plusieurs accords sur des questions de critères… Cela pourrait avoir un impact sur de futures transactions ».

Ou celui-ci d’août 2004 : « La méthodologie sur les CDO [Collateralized debt obligation, les titres adossés aux prêts] provoque des réactions. Nous allons avoir une réunion avec votre groupe cette semaine pour discuter d’un ajustement de critères d’évaluation des CDO sur l’immobilier à cause du risque permanent de perdre des contrats. Perdre des contrats sur les CDO, cela veut dire perdre des activités de cœur de métier. C’est un cercle vicieux ».

Comme quoi, l’incrustation de l’information numérique peut avoir des impacts positifs ou négatifs, selon le point de vue de son utilisateur.

Michel Roberge

23 avr. 2010

259 – Les renseignements nominatifs en Allemagne, selon Bernie Gunter

« En Allemagne, on tient un dossier pour presque tout. Nous sommes un peuple méticuleux, observateur et bureaucratique, et nous nous comportons parfois comme si la documentation et les mémorandums étaient des traits distinctifs de la civilisation véritable. Même quand cela concernait le meurtre systématique d’une race entière, il existait des statistiques, des minutes, des photographies, des rapports et des transcriptions. Des centaines, voire des milliers de criminels de guerre auraient pu s’opposer avec succès à leur condamnation, s’il n’y avait pas eu cette obsession allemande des numéros, des noms et des adresses. Quantité de dossiers ont été détruits sous les raids aériens alliés, C’était vrai, mais j’avais la certitude de pouvoir trouver quelque part le nom et l’adresse de Wolfgang Stumpff. »

Réflexion de Bernie Gunter, détective privé, héros du roman La mort entre autres de Philippe Kerr (Paris, Éditions du Masque, 2009, p. 80).

Michel Roberge

21 avr. 2010

258 - Une autre définition du « Records Management »

Lu sur le site de l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST) du Centre national de recherche scientifique (CNRS) de France à propos d’un document intitulé « Fonder son système de records management » :

« Un système de records management est un assemblage complexe faisant appel à différentes fonctions et bâti sur des processus. Sa réalisation obéit à une démarche déroulée en différentes étapes préliminaire [sic], d'analyse, puis de mise en place. Aspects décisionnels et de technique documentaire s'y entrecroisent. »

Une autre définition qui met d’abord l’emphase sur les processus et sur une démarche (un ordonnancement d’activité de conception, de développement et de déploiement du système). Il manque bien sûr à cette définition l’aspect maintenance, mais bon.

Je suis tout à fait d’accord avec cette définition qui s’applique aussi à la Gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques.

Michel Roberge

19 avr. 2010

257 – Des documents d’archives sur les OVNIS

Lu sur Nouvelobs.com : « Les Achives nationales britanniques ont mis en ligne 24 dossiers de signalements d'ovnis déclassifiés par le ministère de la Défense », plus de « 6.000 pages de documents jusqu'à présent classés top-secret et décrivant des signalements d'ovnis » :



De quoi alimenter l’imaginaire des passionnés de science-fiction ou de réalité scientifique, qui sait?

Michel Roberge

16 avr. 2010

256 - Une bande magnétique de 35 To

Selon présence-pc.com, IBM et Fujifilm ont développé prototype technologique qui permettrait de créer des bandes magnétiques LTO de 35 To dite plus écologique et plus durable, avec une densité de 29,5 milliards de bits par pouce carré. La vidéo ci-dessous présente les recherches qu’effectue la compagnie IBM sur le stockage des données d’entreprise :



Même si la « bande magnétique est en voie d’extinction, mais elle n’est pas encore morte. Elle a de sérieux désavantages, principalement un temps d’accès extrêmement lent, mais elle continue de séduire certaines entreprises qui profitent de sa durabilité. Les données sur une bande ont en principe une durée de vie plus longue que sur un disque. Elles survivent environ 30 ans sur les dernières cartouches LTO, contre 15 à 20 ans pour un disque dur. De plus, cette technologie vieille de 60 ans consomme moins, car elle ne demande de l’énergie que lorsque l’on accède aux données. […] Les bandes sont souvent utilisées par de grandes institutions ou les gouvernements pour le stockage d’archives qui ne sont pas accédés fréquemment, mais qui ont une importance capitale. On en trouve aussi souvent dans les PME ou PMI qui utilisent cette technologie comme solution de backup ».

Michel Roberge

14 avr. 2010

255 – Paradis Clef en main

Lu dans le dernier roman de Nelly Arcan, Paradis clef en main (Coups de tête, 2009), page 66 :

« Le comité de sélection était là, à ma gauche, derrière une longue table sur laquelle traînaient des papiers, des dossiers sans doute, fait bizarre à une époque où tout est numérisé, informatisé, où l’utilisation du papier est, dans certains cas, un acte criminel . »

Les 215 autres pages sont évidemment à lire pour une toute autre raison.

Michel Roberge

12 avr. 2010

254 - Les technologies de l’information : des technologies vertes?

Si vous croyez encore que les technologies de l’information et des communications contribuent à préserver les ressources de notre planète et à la rendre plus verte, je vous invite à visionner cet extrait du documentaire Manufactured Landscapes (Mercury Films, Foundry Films, Edward Burtynsky, National Film Board of Canada, TVOntario) de 4:58 à 9:56 :



Ce n’est pas la première fois que je suis confronté avec cette réalité qui a aussi un impact humain plutôt dégradant dans les pays dits « en voie de développement » ou « émergents ». J'en avais parlé en août 2009 dans le billet 142 - Plus de 2000 tonnes de déchets informatiques. Et je dois avouer que je suis de plus en plus mal à l’aise avec cette réalité environnementale et humaine.

Michel Roberge

9 avr. 2010

253 – Archiviste en mal de Records Management

Intéressant ce billet intitulé « Déception » sur le blogue Pergamina d’une archiviste paléographe qui poursuit sa formation à l’Institut national du patrimoine et qui déclare, en consultant la listes des cours annoncés en avril et en mai : « Nous aurions encore tant à apprendre sur, au hasard, la gestion des documents courants et intermédiaires, les systèmes de GED et leur relation avec l'archivage, l'implantation de systèmes de records management, les normes en la matière et j'en passe tant. Non, il faut croire que 6 malheureuses petites heures sur la question au début de notre formation suffiront pour faire de nous les bons archivistes de demain. Ah, c'est vrai, je me suis encore trompée, je ne suis pas archiviste, je suis Conservateur du Patrimoine. C'est à pleurer ».

Michel Roberge

7 avr. 2010

252 – Preuve et micrographie : la confusion

Pendant que je rédigeais mon livre sur La gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques, j’ai trouvé, sur le site de l’association Preuve et micrographie / Documents numériques, ce document intitulé Norme NF Z42-03 et preuve légale – La confusion concernant l’interprétation autour de la norme AFNOR NF Z42-013. Cette norme concerne les mesures techniques et organisationnelles à mettre en œuvre pour l'enregistrement, le stockage et la restitution de documents électroniques afin d'en assurer la conservation et l'intégrité. Ce document est signé par Lucien Pauliac, président de cette association et de la Commission de normalisation Z43C qui a élaboré la norme Z43-400 relative à l'archivage des données électroniques au moyen des supports et des techniques de micrographie informatique en noir et blanc à traitement chimique liquide et membre du groupe >PragmArchive.

L’auteur « met quiconque au défi d’administrer ses preuves par l’application » de cette norme. Bien plus, il veut démontrer que celle-ci « est de nature à conduire les utilisateurs vers des solutions erronées ou des situations illicites ». Il affirme, entre autres, qu’on est en présence d’une « règle sans fondement juridique » et qu’il existe « une confusion entre la GÉD et l’archivage électronique ».

Michel Roberge

5 avr. 2010

251 – La Déclaration d’indépendance d’Haïti est à Londres!!!


Qui l’eut cru? Ce qui pourrait être le seul exemplaire de la Déclaration d’indépendance de Haïti, un document de 8 pages daté du 1er janvier 1804, intitulé Liberté pour la mort, a été trouvée par une étudiante canadienne de l’America's Duke University, Julia Gaffield, dans les UK National archives à Londres. Un document recherché depuis près d’une centaine d’années. L’annonce en a été faite sir le site des archives britanniques le 1er avril… et ce n’est pas un poisson d’avril! Le document était joint à une lettre de Jacques Dessalines, Gouverneur général de la République de Haïti du 20 janvier 1804 à George Nugent, Lieutenant-gouverneur de la Jamaïque.

Selon l’Agence France Presse (AFP), l’étudiante de 26 ans espère que le document pourra être prêté à Haïti pour y être exposé. Prêté? On ne prête pas à un pays sa déclaration d’indépendance! On la lui remet. Sinon on pratique un colonialisme culturel et archivistique, ce qui va à l’encontre du principe de respect des fonds d’archives que tous les archivistes de la planète reconnaissent. D’ailleurs, à quel fonds devrait appartenir cet exemplaire unique essentiel pour le peuple haïtien? À mon humble avis, il devrait réintégrer les Archives nationales d’Haïti.

Imaginez le seul exemplaire connu de la Déclaration d’indépendance américaine retrouvé aux Archives nationales de France : l’état français se contenterait-il de prêter ce document fondateur à Washington pour une exposition temporaire?

Michel Roberge

2 avr. 2010

250 – Le confort des tablettes de lecture

Lu sur IRT News.com : « Selon une nouvelle étude de Benchmark Group, 48 % des lecteurs de livres numériques citent le confort de lecture comme un des principaux avantages de l’e-book. Les possesseurs de Kindle Amazon ou Reader de Sony sont 73 % à penser que le confort de lecture est très bon sur leur appareil. Par contre, les lecteurs sont peu convaincus de la qualité de lecture sur les ordinateurs ou les téléphones portables. Les possesseurs de smartphones ne sont que 5 % à juger ce support adapté à la lecture de romans. Les lecteurs qui n’ont jamais expérimentés [sic] la lecture sur e-book se déclarent à 66 % intéressés par la lecture de romans sur un support électronique. Ce n’est cependant pas le confort de lecture qui les attire mais les fonctions de stockage et de recherche. »

Personnellement, j’attends avec intérêt le nouvel iPad ou, si jamais il voit le jour, l’ExoPC Slate québécois pour en faire l’évaluation non seulement pour la lecture de livres électroniques, mais aussi comme outil portable de Gestion intégrée des documents (GID).

Michel Roberge