ATTENTION



2010-03-31

249 – Après le MétroMéta, prenez maintenant le Métro Rock’n Roll

Vous vous rappelez peut-être mon billet publié au début d’avril dernier et qui s’intitulait Avez-vous déjà pris le MétroMéta? Cette fois-ci, je vous invite à prendre un autre métro, le Métro Rock’n Roll, dont la représentation graphique des lignes de classification des groupes musicaux les plus influents ressemble étrangement à celui conçu par l’équipe de James Turner de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal pour l’identification des normes, des métadonnées et des bonnes pratiques du métier. Qui a influencé qui? En tout cas, la facture est étrangement similaire.

Merci à Maxime Morin qui sur le blogue du site Web de Bande à part (Radio-Canada) nous fait connaître cette forme de classification appliquée à un type d’information portée par un support : la musique rock.

Michel Roberge

2010-03-29

248 - L’accès des citoyens aux documents en Algérie

Lu sur La Tribune.com : Il semble que dans l’administration publique algérienne, le « citoyen est, parfois, regardé comme un quémandeur et non pas un "client". […] Depuis quelques années, le service d’état civil (de l’APC d’El Mohamadia) a fait des efforts importants pour satisfaire les besoins des habitants. Le service est informatisé, ce qui a grandement contribué à accélérer et à simplifier la délivrance des documents nécessaires. […] Que ce soit pour avoir un extrait de naissance, une résidence, ou un acte de mariage, parfois, il n’est même pas utile de présenter son livret de famille. Une simple référence d’archive et une pièce d’identité suffisent. C’est génial et cela facilite énormément les démarches ».

« Malheureusement, le constat n’est pas général. À l’APC de Hussein Dey » on doit « attendre une demi-journée et, parfois, deux jours pour avoir son acte de naissance », le citoyen devant obligatoirement se présenter sur place le matin pour attendre la délivrance du document en après-midi. Comme le souligne un citoyen septuagénaire : « Je ne comprends pas qu’à l’heure d’Internet, il n’y ait pas de réseau informatique reliant les différentes APC du pays. Pour avoir accès aux archives, il faut se déplacer et attendre une journée entière. C’est une journée de travail de perdue, pour moi qui suis commerçant […] » En septembre, on « attendait des heures pour avoir un simple extrait de naissance dans une anarchie indescriptible ».

Comme on peut le constater avec cet exemple, l’importance de l’accès rapide à l’information, particulièrement dans un contexte de services publics, se doit d'être une préoccupation majeure dans toutes les sociétés démocratiques.

Michel Roberge

2010-03-26

Plan de rédaction : Le schéma de classification hiérarchique des documents administratifs

La phase initiale de remue-méninges de cette future publication, Le schéma de classification hiérarchique des documents administratifs : conception, développement, déploiement et maintenance est maintenant terminée. Vous pouvez consulter le plan complet de rédaction (version du 12 mars 2010) qui continuera certainement d’évoluer au cours des prochaines semaines.

À compter du début d'avril, un état d’avancement de l’écriture des modules sera déposé chaque vendredi. Ce livre devrait être sur le marché à l’automne prochain.

Tout au long du processus d'écriture des différents modules dont je ferait état à chaque semaine, je vous invite à continuer de me transmettre vos commentaires et vos suggestions qui permettront d’en mieux adapter le contenu en fonction des besoins exprimés.

Michel Roberge

247 – Des nouvelles d’Haïti

Du 4 au 12 février 2010, une équipe d’experts Bibliothèques Sans Frontières / Patrimoine Sans Frontières a été envoyée en Haïti afin d’apporter du matériel d’urgence pour la protection des collections les plus anciennes et d’évaluer la situation globale afin de proposer des solutions d’intervention à court, moyen et long terme. Le rapport de mission est maintenant disponible. Il porte surtout sur l'état des bibliothèques privées et publiques. Il présente également (pages 12 à 18) un bref portrait de la situation des archives publiques, particulièrement des documents d’archives de conservation permanente.

Ce compte rendu est cependant peu loquace quant au sort des documents administratifs (documents courants ou actifs) de l’administration publique haïtienne.

Michel Roberge

246 – L’iPad d’Apple aux Oscars 2010

Pour ceux et celles qui l’ont ratée, voici la première publicité télévisée qui présente le iPad et qui a été diffusée pendant la 82e cérémonie des Oscars qui s’est tenue au Kodak Theatre de Los Angeles le 7 mars 2010. La chanson qui accompagne ce spot publicitaire s'intitule There Goes My Love signée par le groupe The Blue Van :



Pendant ce temps, toujours pas de nouvelles de la Tablette de lecture... québécoise (l’ExoPC Slate) en gestation à Rimouski.

Michel Roberge

2010-03-25

245 - Mérite du français dans les technologies de l'information

Dans le cadre des célébrations de la Francofête 2010, GESTAR Solutions documentaires et DEXERO ont remporté le Mérite du français dans les technologies de l’information 2010 – Catégorie Application logicielle – Petite et moyenne organisation (moins de 100 employés) pour la nouvelle application OmniDok®, la première solution à code ouvert conçue et développée au Québec pour la Gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques. Ce prix a été attribué pour un nouveau produit ou produit francisé conçu pour tout type d’environnement (micro-ordinateur, ordinateur central, application Web, plateforme mobile). Il a été remis lors du gala qui se tenait le 24 mars 2010 à la Cité des sciences de Montréal.

Le jury était composé de représentants de l’Alliance numérique, de l’Association de l’industrie de la langue, de l’Association québécoise des technologies, du CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations), de Direction informatique, du Réseau Action TI et de l’Office québécois de la langue française

L’évaluation des projets reposait sur les critères suivants :

1. La nature de la réalisation, les objectifs, la démarche de création, les défis relevés.
2. Le caractère innovateur et original de la réalisation.
3. Les retombées de la réalisation dans les milieux du travail, du commerce et des affaires, de l’enseignement, de la formation ou auprès du grand public.
4. L’importance de la réalisation par rapport aux difficultés qui se sont présentées et aux ressources humaines, financières et matérielles disponibles.
5. La contribution à la promotion du français ou à l’usage d’un français de qualité.

Les Mérites du français dans les technologies de l’information ont douze ans! Créé par l’Office québécois de la langue française, ce concours célèbre la conquête du cyberespace par les francophones et la vitalité du français dans les applications logicielles et les produits multimédias conçus au Québec.

Les gagnants des Mérites deviennent d’office les finalistes de l’OCTAS du français dans les technologies de l’information 2010. Ce prix sera remis par le Réseau Action TI et par l’Office au gala des OCTAS, qui aura lieu à Québec le 22 mai 2010.

L’équipe de GESTAR que je dirige et et celle de DEXERO, dirigée par Jean de Ladurantaye (deux firmes en TI de Québec) sont très fières de contribuer à la qualité du français dans les technologies de l’information et plus particulièrement dans le domaine de la gestion documentaire. Une reconnaissance qui augure bien pour le partenariat d’affaires des deux entreprises qui intègrent le savoir théorique et pratique en gestion des documents (tous supports confondus) et le savoir technologique en développement d’applications de logiciels libres.

Michel Roberge

2010-03-24

244 – Ne remplacez pas les archives

Lu dans le magazine Vita [le magazine qui célèbre les femmes de 40 ans et plus], numéro d’avril 2010, page 95, dans un article de Pamela Redmond Satran intitulé « Petit guide antiringardise », extrait de How not to act old :

« COMMENT NE PAS TRAVAILLER EN MÉMÉ – Vous voulez conserver votre emploi sans être étiquetée comme anachronique ou dépassée par les évènements? Voici comment déjouer ce piège au boulot. »

Conseil numéro 13 :

« Ne remplacez pas les archives. Dans chaque entreprise, il y a toujours un employé qui se souvient de tout : le nom de la personne qui a permis la fusion de 1990, l’année de l’arrivée du premier ordinateur, pourquoi le dernier directeur général détestait le vert. S’il peut être pratique pour une compagnie d’avoir un historien dans ses rangs, de grâce, ne soyez pas cette personne-là! »

Moralité : « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées! » comme le conclut la fable de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), auteur dramatique, romancier, poète et fabuliste français, Le vacher et le garde-chasse.

Michel Roberge

2010-03-22

243 – Enfin ! Le comité d’harmonisation de la LCCJTI est créé


Vaut mieux tard que jamais! Presque dix ans après l’adoption de la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information adoptée en 2001, le Conseil des ministres du gouvernement du Québec a enfin procédé, le 10 mars 2010, à la nomination des membres du Comité pour l’harmonisation des systèmes et des normes annoncé aux articles 63 à 67 de la loi. Le site du premier ministre du Québec nous informe que Jean Rousseau (Directeur adjoint – Bureau de normalisation du Québec) présidera le groupe composé de neuf autres membres :

- Lucille Dion (Directrice par intérim – Direction de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels)
- Mélanie Kamel (Vérificatrice informatique senior – Ultramar)
- Suzanne Létourneau (Directrice générale de la coordination gouvernementale des ressources informationnelles – Ministère des Services gouvernementaux)
- Claude Charpentier (Directeur général, Notarius)
- Gilles Chauvin (Directeur des systèmes d'information – Direction générale des technologies de l'information et des télécommunications – Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
- Ghislain Dubé (Conseiller expert en architecte d'affaires à la Direction des ressources informationnelles – Ministère de la Justice)
- Vincent Gautrais (Professeur agrégé et titulaire de la Chaire d'excellence en droitde la sécurité et des affaires électroniques – Université de Montréal)
- Éric Germain (Agent de recherche – École de technologie supérieure)
- Luc Poulin (Chef de la sécurité et conseiller senior en sécurité de l'information – Centre de recherche informatique de Montréal).

Rappelons que ce comité a pour mission :

« 1° d’assurer la compatibilité ou l’interopérabilité des supports et des technologies ainsi que des normes et standards techniques permettant de réaliser un document technologique, de le signer ou de l’utiliser pour effectuer une communication;
2° d’éviter la multiplication des procédures, particulièrement en ce qui a trait à la vérification de l’identité des personnes;
3° de favoriser la standardisation des certificats et des répertoires ainsi que la reconnaissance mutuelle des certificats;
4° de garantir l’intégrité d’un document technologique par des mesures de sécurité physiques, logiques ou opérationnelles ainsi que par des mesures de gestion documentaire adéquates pour en assurer l’intégrité au cours de tout son cycle de vie;
5° d’uniformiser les pratiques d’audit, lequel comporte l’examen et l’évaluation des méthodes d’accès, d’entretien ou de sauvegarde du support, des mesures de sécurité physiques, logiques ou opérationnelles, des registres de sécurité et des correctifs apportés en cas de défaillance d’un élément pouvant affecter l’intégrité d’un document;
6° de formuler des recommandations quant à l’application de la loi.
»

Des travaux et des outils de gestion très attendus à suivre.

Michel Roberge

2010-03-19

242 - Archivistes artisans de la paix

Un peu dans la même veine que le billet 214 publié antérieurement à propos du rôle de la gestion documentaire pour lutter contre la corruption, je vous soumets cet autre moment de réflexion. Dans un article de Meredith Blake publié sur newyorker.com, la journaliste se demande si les archivistes qu’elle imagine davantage enterrés sous une pile de documents jaunissant plutôt qu’à un sommet international ne pourraient-ils pas être des conciliateurs agissant pour la paix?

Elle s’appuie sur les thèmes abordés lors de la remise, pour une septième année consécutive, du titre d’ « archiviste de l’année 2010 » par la Fondation Scone au Graduate Center de la City University of New York (CUNY) : « archivists aren't here merely to perform the dutiful-but-dull task of preservation, but to defend civil liberties, encourage transparency, and maybe--just maybe--facilitate historical reconciliation between former enemies ». En effet, soulignant l'idée de « l'archiviste en tant qu’artisan de la paix », la récompense de cette année a été partagée par des représentants des deux parties dans le conflit israélo-palestinien : Khader Salameh, de la bibliothèque de la mosquée d'Al-Aqsa à Jérusalem, et Yehoshua Freundlich des Archives d’État d’Israël.

Madame Blake cite les propos de David Meyers, directeur du Centre pour les études juives de la University of California, Los Angeles (UCLA) : « the potential of the archive is not merely to preserve, but to liberate ». Elle rapporte également l’opinion de Rashid Khalidi, historien d'origine palestinienne, spécialiste de l'histoire du Moyen-Orient de la Columbia University, selon lequel « preserving the records of the Palestinian people was a critical step in the peace process, particularly in the ongoing absence of a Palestinian state or even a centralized archive. Vital as it may be, preservation often takes a back seat to more dire need ».

Michel Roberge

2010-03-17

241 – N’espérez-pas vous débarrasser des livres (1)

Je soumets à votre réflexion quelques extraits de cet excellent ouvrage intitulé N’espérez-pas vous débarrasser des livres publié en 2009 chez Grasset qui nous fait traverser cinq mille ans d’histoire du livre, du papyrus au livre électronique, à travers une discussion entre Jean-Claude Carrière (écrivain, dramaturge et scénariste), Umberto Eco (médiéviste, sémioticien, philosophe, critique littéraire et romancier) et Jean-Philippe de Tonnac (essayiste et journaliste).

À propos des supports d’information :

« … une des tendances de notre temps : collectionner ce que la technologie s’ingénie à démoder.

[…]

… il n’y a rien de plus éphémère que les supports durables.

[…]

Nous pouvons donc encore lire un texte imprimé il y a cinq siècles. Mais nous ne pouvons plus lire, nous ne pouvons plus voir, une cassette électronique ou un CD-ROM vieux de quelques années à peine. À moins de conserver nos vieux ordinateurs dans nos caves. » Jean-Claude Carrière, p. 28 et 29.

Michel Roberge

2010-03-15

240 – Les députés suivis à la trace

Quand il est question d’accès à l’information publique, les interventions des députés en assemblée échappent généralement au commun des mortels. Qui a le loisir de regarder tous les débats et les réunions de comités et de commissions télévisées des parlementaires ou de faire du journal des débats son livre de chevet?

Un article publié sur le site Web du journal Sud-Ouest nous apprend qu’en France, un collectif d’internautes, Regards citoyens, ont eu une initiative fort intéressante. Celle de créer et de tenir à jour depuis 2006 un site Web : l’Observatoire citoyen de l’activité parlementaire. Qui a dit quoi? Qui a déclaré quoi? Conneries incluses. Par député et par dossier traité. Même les interventions de citoyens y sont consignées avec la possibilité d’inscrire un commentaire citoyen en lien avec la déclaration de l’élu. Le tout complété par des statistiques de présence. À ce jour, plus de 57 000 questions, 24 000 amendements et 327 000 interventions ont été répertoriés.

Autre exemple : celui d’un archiviste français, Olivier de Solan qui, en solitaire, consacre une à deux soirées par mois au dépouillement du « Journal officiel » et, traquer, entre autres, les députés qui ne respectent la consigne de leur partie sur son site Mon député.

Au Royaume-Uni, le site They work for you vise également les mêmes objectifs que ces réalisations françaises.

À quand une initiative équivalente au Québec?

Michel Roberge

2010-03-12

239 - Le bureau sans papier, une utopie ?


Je vous soumets cette opinion d’un fournisseur de matériel de rangement européen publiée sur le site Com-unik.info qui met en évidence certaines attitudes. Je vous laisse en juger par vous-mêmes :

« Le bureau sans papier et sans classeur n’existe pas. Les progrès technologiques des dernières années ont permis de limiter l’amoncellement […][des contenants physiques], mais tout ne peut pas être converti en document électronique.

Il ne sera pas possible d’éliminer complètement le papier, mais il peut et il devrait y en avoir beaucoup moins. Encore aujourd’hui, la plupart des professionnels qui reçoivent leurs dossiers sur papier, les scannent, mais conservent malgré tout la version papier. […]

Certaines personnes sont horrifiées à l’idée d’un vrai monde sans papier et s’inquiètent que la méthode actuelle de lecture des documents tombe en désuétude dans un proche avenir, alors que la conservation de documents […] [dans des contenants physiques] a fait ses preuves depuis des siècles. Pourtant contre toute attente, l’utilisation du papier a de fait augmenté ces dernières années. Les utilisateurs d’ordinateurs peuvent facilement presser le bouton "Imprimer" et accumuler un vaste éventail de documents en format papier. Certains évoquent l’importance de toucher le papier et de conserver un dossier dans un classeur de bureau.

Il faut savoir que les secrétaires passent beaucoup de temps à classer et à manipuler du papier et sur un bureau électronique, c’est pareil [ce qui est très vrai]. Il faut ranger et être ordonné un minimum.

Le plus grand obstacle au bureau sans papier n’est pas technologique, il est conceptuel
[tout à fat d'accord : voir mon commentaire plus bas]. En cas du tout électronique, personne ne peut manipuler le dossier ou toucher le papier et certains avocats y voient un concept difficile à gérer. Il faudrait d’abord faire évoluer les attitudes. »

Pour ma part, mon expérience sur le terrain m’amène à considérer que tant qu’on ne changera pas nos habitudes de vouloir ranger « physiquement » (sauvegarder) et utiliser dans un ordre logique (arborescence de répertoires) les documents technologiques, la gestion des documents ne sera pas efficiente. Et ce, même si une couche technologique dite de collaboration et de gestion des versions vient chapeauter le tout ou, qu'en pallèle et sans lien avec la gestion des documents en format papier, une solution dite de GED prenne en charge la portion électronique de l'information.
À mon avis, la clé d’un véritable bureau avec de moins en moins de papier réside dans un amalgame de composantes virtuelles (schéma de classification des activités et planification du cycle de vie) et technologiques alimentées manuellement ou de façon automatique (véritable solution de Gestion intégrée des documents – GID) dans un environnement de travail le plus convivial possible. C'est le défi de la prochaine décennie.

Michel Roberge

2010-03-10

238 – Deux définitions du Records Management


Lu sur le site Web de Archives Factory : « Le "records management" regroupe l’organisation, la gestion et la conservation des documents produits ou reçus dans le cadre d'une activité ou d'obligations légales. »

Ce que j’aime dans cette définition : les fonctions organisation, gestion et conservation ainsi que le lien entre les documents et les activités et les obligations légales; aucune allusion à un type de support en particulier. J’ajouterais cependant une précision quant à la nature des objets de gestion : les « documents finaux ».



Lu sur le site Web de Kaleidokm : « Le Records Management est un outil de traitement des archives. Il s'agit d'une fonction d'organisation et de gestion des documents essentiels à la conduite de l'activité d'une entreprise.

Le Records Management a pour objet l'ensemble des documents « à archiver », c’est-à-dire les documents que l’organisme aura décidé de préserver à titre de preuve ou en raison de leur valeur informationnelle : il s’agit des documents essentiels ou utiles dans la conduite de ses activités.

Le Records Management prend en compte les exigences légales de conservation, de responsabilité et de traçabilité du document. En effet, il a pour finalité de permettre à l'organisme de disposer à tout instant du document dont il a besoin pour conduire ses activités, répondre aux exigences légales et réglementaires, et se protéger en cas de contentieux.

C'est l'outil essentiel quand la valeur probante du document est en jeu. Autrement dit, le Records Management est une activité préventive, il s'agit de suivre des règles, de respecter des normes au cas où une preuve soit requise en matière de contrat par exemple.
»

Plus complète mais aussi plus confuse. Mélange de concepts : « archives », « documents à archiver », « documents essentiels ». Ce que j’aime bien, la notion d’ « activité préventive ».



En tout cas, il ne faut surtout pas traduire cette expression par la « gestion des enregistrements » ou la « gestion des registres »! J’ai déjà entendu pire dans un congrès : le traducteur avait parlé de la « gestion des disques ».

Michel Roberge

2010-03-08

237 - Notes de lectures berlinoises


Dans L’été de cristal (Philip Kerr. - La trilogie berlinoise– Paris : Éditions du Masque, 2008), Bernie Gunther, ex-commissaire de police devenu détective privé utilise souvent un langage très imagé dans la description de ses enquêtes dans l’Allemagne nazie de 1936. En voici deux courts exemples : le premier, en lien avec le classement des dossiers, et le deuxième, plus croustillant et plus métaphorique, avec un « document d’archives »!!!

« … on frappa à ma porte. Frau Protze apparut.
- Je
[Frau Protze ] me demandais si je ne pourrais pas faire un peu de classement dans vos papiers, dit-elle.
Du pouce, je
[Bernie Gunther] désignai les piles hétéroclites de dossiers étalés par terre derrière mon bureau.
- C’est mon système de rangement, lui expliquai-je. Ça peut paraître étrange, mais tout est en ordre.
Elle sourit d’un air indulgent et hocha la tête avec attention comme si je lui dévoilais un secret qui allait changer sa vie.
- Tous ces dossiers sont des affaires en cours?
- Ce n’est pas un cabinet d’avocat! Répliquai-je en riant. Il y en a pas mal dont je ne sais pas exactement si elles sont en cours ou pas. Vous savez, le métier d’enquêteur a son propre rythme.
» (page 61)

« Lorsque j’entrai dans la chambre, [Frälein Rudel] était toujours debout, attendant que je [Bernie Gunther] vienne me servir. N’y tenant plus, je lui enlevai sa culotte, l’attirai sur le lit et écartai ses longues cuisses bronzées comme un érudit ouvrant fébrilement un manuscrit rarissime. Je m’absorbai un bon moment dans la lecture, tournant les pages une à une et dévorant des yeux ce que je n’aurais jamais cru possible de posséder. » (page 81)

Michel Roberge

2010-03-05

236 - Tablettes de lecture et empreinte écologique


Il y a toujours deux faces à une médaille. On nous vante le remplacement du papier par les formats technologiques comme étant souvent une démarche plus écologique. Je vous livre ces quelques éléments de réflexion diffusés sur le site Web de Recyclivre :

« La fabrication d’un livre nécessite du papier, donc du bois provenant des forêts indispensables à l’absorption du CO2. »

« La fabrication de papier recyclé nécessite 7 fois moins d’énergie et 20 fois moins d’eau que celle faite directement à partir du bois. Quand 2 à 3 tonnes de bois sont nécessaires pour fabriquer 1 tonne de papier classique, 900 kg de recyclés sont obtenus à partir d’1 tonne de vieux papiers. »

« On parle beaucoup de l’Ipad, du Kindle d’Amazon et autre livres numériques qui paraissent beaucoup plus écologiques. Pourtant, d’après une étude d’Hachette (réalisée par la société Carbone 4), "une tablette de lecture numérique dégage 250 fois plus de CO2 par an qu’un livre papier. Il faudrait donc lire au moins 80 livres numériques par an pendant trois ans avec la même liseuse pour l’amortir écologiquement…" »

Michel Roberge

2010-03-03

235 – Le dictionnaire hilarant de l’Archivitécairaliste


Si vous voulez vous amuser, je vous invite à visiter régulièrement le blogue de l’Archivitécairaliste qui consiste à inventer des mots valises, quelques néologismes documentaro-informationnels en participant à une œuvre collaborative qui, malgré ce qu’affirme son auteur, n’est pas totalement inutile. On a besoin d’humour dans notre métier souvent considéré comme trop aride.

Michel Roberge

234 – 2010 : une année d’anniversaires (1) : les 25 ans : la CUDAD

En mars 1985, jeune praticien que j’étais, après avoir analysé des dizaines de « cadres de classement », comme on disait à l’époque, et m’être documenté auprès de spécialistes en techniques de documentation et en structures classificatoires, j’osais publier La classification universelle des documents administratifs (CUDAD). Titre ambitieux s’il en était. Il s’agissait, en fait, du premier ouvrage dédié à la classification des dossiers qui proposait une méthodologie de conception, de développement et de déploiement de la pierre d’assise d’un système de gestion documentaire.

La méthodologie et le matériel de développement proposés s’appuyaient à la fois sur les principes fondamentaux de construction de systèmes de classification et sur l’ordonnancement hiérarchique et logique des fonctions et des activités génératrices de documents et de dossiers. Elle comprenait aussi un modèle de schéma de classification hiérarchique accompagné d’une proposition de codification – format de code beaucoup trop complexe, je dois l’avouer – pour les fonctions du domaine de la gestion interne communes aux organismes publics ou aux organisations du secteur privé comme le recommande, depuis 2003, la norme ISO 15489 – Records Management. Elle introduisait également pour la première fois en gestion des documents administratifs le concept de Subdivisions uniformes®, de Subdivisions spécifiques® et de Subdivisions nominatives®, devenues des marques de commerce enregistrées en 1993, afin d’augmenter la performance d’organisation, d’identification et de repérage des dossiers tout en allégeant l’arborescence.

Cette parution était saluée dans une préface signée par monsieur André Pitre qui était alors Président de la section de Montréal de l’Association for Records Managers and Administrators (ARMA) et de la section de Montréal de l’Association des professionnels de la bureautique (AISP). Celui-ci soulignait d’ailleurs la place accordée à l’intégration de ce que nous appelons aujourd’hui documents technologiques en lien avec les documents et les dossiers en format papier.

En introduction, j’y affirmais entre autres : « Le code de classification devient la crée de reconstitution intellectuelle d’un dossier portant sur un sujet précis, dont l’information constituante est conservée sur différents supports ou localisée à plusieurs endroits », le tout illustré avec des exemples d’application qui tenaient compte des moyens technologiques encore limités disponibles à l’époque. C’est ce que proposent aujourd’hui les systèmes de Gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques.

Au hasard de mes rencontres, on me parle souvent de cet ouvrage qui semble avoir influencé à sa manière la structure et l’énoncé de plusieurs schémas de classification et de modèles dont certains sont encore en vigueur. L’exercice initial, quoiqu’imparfait, n’aurait donc pas été futile. 25 ans plus tard, avec un vécu professionnel riche et varié que je ne possédais pas à l’origine de cette publication, je sens plus que jamais la nécessité de coucher sur papier la continuité de mes convictions en matière de conception, développement, déploiement et maintenance de schémas de classification hiérarchique de qualité supérieure.

Admettez avec moi qu’il est quand même incroyable qu’en 2010 il n’existe encore aucun manuel d’apprentissage qui traite des caractéristiques, de la rigueur et des qualités de l’outil fondamental de gestion documentaire sur lequel s’appuient la constitution physique ou virtuelle des dossiers, la gestion de leur cycle de vie et leur enregistrement, leur repérage et leur utilisation dans une solution logicielle!

Michel Roberge

2010-03-01

233 - Un cédérom pour le stockage des documents technologiques avec une garantie de 30 ans

Lu sur Info-Mods.com : La compagnie TX-Software a lancé à Paris, en janvier dernier, pendant le salon IT Partners 2010, un nouveau cédérom inscriptible non modifiable (CR-R) vierge, le Gold 80 min, conforme à la norme NF Z-42-011-2. Selon ce communiqué, ce disque optique haut de gamme, garanti pour 30 ans de vie utile, a reçu l’agrément des Archives nationales de France (ANF). Il est décrit ainsi par Philippe Béraldin, directeur Marketing Europe de TX : « L’arrivée d’un CD GOLD, c’est-à-dire bénéficiant d’un vernis renforcé et d’un réflecteur en or qui rend plus durable la gravure, répond à un besoin identifié par notre réseau commercial de solutions de gravure de très haut standing, de moins en moins présentes dans les linéaires de nos partenaires revendeurs. » Son coût : environ 2 Euros (3 $ CDN) l'unité.

Michel Roberge